Les effets pervers du libéralisme commercial Nord-Sud
Koudougou, 31 août 2005 (Apic) Le religieux Maurice Oudet a mené une étude intitulée ’’L’Agriculture Ouest Africaine à l’épreuve de la Libéralisation des Echanges. Situation, Défis et Opportunité ». Par une analyse rigoureuse, le religieux français installé au Burkina-Faso dénonce les effets pervers du libéralisme commercial Nord-Sud et cherche une issue salvatrice pour l’Afrique francophone.
L’étude du Père Oudet, commandée par l’organisation d’entraide catholique allemande Misereor, a été diffusée en Suisse par le Réseau Foi et Justice Afrique-Europe. Elle dévoile les effets pervers de la politique laitière européenne et dénonce l’exportation des pays subventionnés.
Le Père Maurice Oudet est chargé de la promotion industrielle de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Il a mené cette étude dans le but de sauver les éleveurs et les agriculteurs de l’Afrique francophone. Son travail aboutit à cette conclusion impérative: le lait local doit être protégé contre les importations étrangères à titre de sécurité alimentaire.
Maurice Oudet constate que dans les négociations avec l’Union Européenne et avec l’Organisation Mondiale du Commerce (l’OMC) sur le marché des produits, le principe d’équité n’est pas du tout respecté: les prix des produits agricoles du marché mondial n’a rien à voir avec les coûts de production.
Les pays riches profitent du libre-échange
Le chercheur fait remarquer que « accentuer le libre-échange entre les pays riches et les pays pauvres, c’est condamner les éleveurs et les agriculteurs à la misère » car, dit-il, la réalité montre que c’est toujours les pays riches qui en profitent le plus. Il suffit de se rendre dans une boutique d’alimentation générale d’un pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) pour se rendre compte que les pays les plus forts bradent leurs produits auprès des populations des pays pauvres
Le religieux s’indigne d’entendre l’Union Européenne faire croire aux pays pauvres que leur salut se trouve principalement dans l’exportation de leurs matières premières et de quelques produits agricoles comme le café, le cacao, le coton mais en faisant fi de leur souveraineté alimentaire. Mettre l’agriculture à l’ordre du jour des négociations, poursuit-il, c’est accepter de jeter un regard sur la situation des petits paysans des pays d’Afrique et Caraïbe Pacifique (ACP). C’est prendre le risque de mettre en lumière l’immense gâchis causé par la priorité à l’exportation, qui déprime les prix payés aux agriculteurs. Et c’est pour cela que l’Union Européenne n’en veut pas, à aucun prix, s’indigne le Père Oudet.
Maurice Oudet évoque encore dans son étude un des défis majeur à relever par l’Uemoa: définir et à appliquer des programmes de développement et de promotion pouvant séduire les entreprises et les investisseurs locaux et internationaux sans compromettre la viabilité des finances publiques ». (apic/com/ts/bb)
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