Allemagne: L’Eglise dresse un bilan positif de l’indemnisation des travailleurs forcés
Mayence, 31 août 2005 (Apic) Cinq ans après la mise en place de son propre fonds d’indemnisation en faveur des travailleurs forcés sous le régime nazi, l’Eglise catholique allemande dresse un bilan positif de son oeuvre de réconciliation. Elle a dédommagé 594 anciens travailleurs forcés employés à l’époque par des institutions ecclésiastiques, a révélé mercredi 31 août à Mayence le cardinal Karl Lehmann, président de la Conférence des évêques allemands.
La somme des indemnisations versées jusqu’à maintenant porte sur un montant d’environ 1,49 million d’euros, précise le cardinal Lehmann, qui sont allés à 594 anciens travailleurs forcés encore en vie. Chacun d’entre eux a reçu 2’556 euros du fonds spécial. Pour le cardinal Karl Lehmann, il s’agit là d’ »un geste matériel symbolique » pour la réconciliation et le pardon.
L’Eglise catholique a également mis en place un autre fonds de réconciliation doté de
de 2,53 millions d’euros, pour promouvoir 175 projets allant dans ce sens, dont des expositions, des rencontres de jeunes et des documents d’information. En l’an 2000, contrairement à l’Eglise évangélique allemande, l’Eglise catholique n’a pas voulu participer au fonds d’indemnisation mis en place par l’Etat fédéral et les entreprises allemandes par le biais de la « Fondation Souvenir, Responsabilité et Avenir », mais a décidé de dédommager elle-même les travailleurs forcés employés à l’époque dans des institutions catholiques.
Elle a mis sur pied un fonds spécial d’environ 2,55 millions d’euros pour les indemnisations individuelles et une même somme pour promouvoir le travail de réconciliation mené par l’Eglise et les organisations sociales. Au début, cet « Alleingang » de l’Eglise avait été vivement critiqué, mais a recueilli une large approbation par la suite.
Le cardinal Lehmann a estimé que le courage montré par l’Eglise catholique dans cette affaire avait été récompensé. Etant donné qu’environ 80% des travailleurs forcés dans les institutions catholiques étaient occupés dans les secteurs de l’agriculture et du travail domestique, ils auraient couru le risque de partir les mains vides et de ne rien recevoir de la Fondation, car selon les normes juridiques en vigueur, leur cas était alors considéré comme moins grave.
4’519 travailleurs civils dans les institutions de l’Eglise catholique
4’519 travailleurs civils ont été recensés dans les institutions de l’Eglise catholique, selon la Conférence épiscopale allemande. Aucun d’entre eux n’était interné dans un camp de concentration, ni était un prisonnier de droit commun ni ne faisait partie de ceux que les nazis appelaient « Arbeitsjuden », a souligné l’évêque de Mayence. Les institutions catholiques, selon les recherches effectuées, ont employé 1’138 prisonniers de guerre, pour lesquels il n’est pas prévu d’indemnisation.
D’après les données de la Conférence épiscopale allemande, environ un tiers des 4’519 travailleurs forcés qui ont travaillé pour des institutions ecclésiales n’ont pu être identifiés, faute de renseignements disponibles.
1’417 (31%) cas parmi ces travailleurs forcés ont été étudiés, dont 594 sont encore en vie. Le million d’euros encore disponible doit être remis à l’Oeuvre de Maximilian-Kolbe, à Fribourg-en-Brisgau, qui s’occupe des victimes des nazis en Europe centrale et orientale. (apic/kna/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse