Irak: Le patriarche chaldéen de Bagdad n’est pas totalement satisfait de la Constitution

l’Islam «source principale de droit»

Bagdad, 2 septembre 2005 (Apic) Le patriarche chaldéen de Bagdad, Emmanuel III Delly, n’est pas totalement satisfait de la Constitution irakienne en cours de ratification. Car elle cite l’Islam comme «source principale de droit», aucune loi ne pouvant lui être «contraire». Tels sont ses propos rapportés le 2 septembre par le SIR, Service d’information religieuse de la Conférence épiscopale italienne.

«Même si elle représente un pas en avant pour le pays», a confié le patriarche de Bagdad à l’agence italienne, «nous ne sommes pas vraiment contents» de la Constitution irakienne. «A cause de certains articles présents dans le texte approuvé», a-t-il expliqué, «nous aurons des difficultés». Et de préciser «en particulier là où le texte note que l’Islam est une source principale de droit», aucune loi ne pouvant «être contraire à ses standards». «Je demande aux leaders des puissances étrangères, au Saint-Siège, de faire pression pour amender ces articles afin de garantir les droits de tous», a renchéri le patriarche.

«En tant que chrétiens, nous attendions un peu plus en ce qui concerne la liberté religieuse», a pour sa part déclaré Mgr Shlemon Warduni, évêque auxiliaire de Bagdad au SIR, le 2 septembre. «Nous espérons que les lois qui en émaneront par la suite garantissent à tous les mêmes droits», a-t-il ajouté. Pour lui, «tous les droits typiques des pays démocratiques doivent être garantis».

Favorable à la démocratie et à l’islam

La Constitution, dont les articles ont été votés par l’Assemblée irakienne et qui devra être ratifiée par référendum le 15 octobre prochain, établit que «le système politique est républicain, parlementaire et fédéral», que «l’islam est une source principale du droit» et «qu’aucune loi ne peut être contraire aux standards de l’Islam» mais aussi «qu’aucune loi peut être contraire aux standards démocratiques». En outre le gouvernement s’engage «à lutter contre le terrorisme dans toutes ses formes» et condamne «toute organisation qui adopte une idéologie raciste, terroriste, extrémiste et sectaire». L’Etat y garantit aussi «la liberté d’expression par tous les moyens, la liberté de presse, de publicité et de publication, la liberté de fonder des organisations et des groupes politiques» et la liberté de «vivre selon la religion, la secte, le credo de leur choix». Malgré tout, il est précisé que cela «devrait être organisé par loi».

Par ailleurs, dans une lettre de condoléances envoyée ’à ses frères musulmans irakiens’ au lendemain de la bousculade meurtrière du 31 août qui a fait quelque 1000 morts et plus de 800 blessés à Bagdad, Mgr Emmanuel III Delly a écrit: «Nous vivons dans la peur. J’ai peur (..) La situation n’est pas normale». «Mais il faut continuer à vivre pour l’avenir de notre pays», a-t-il estimé, espérant que le soleil finira par briller, même si «enlèvements, bombes et morts sont à l’ordre du jour». «Pour cela, nous demandons à toutes les Eglises de prier pour l’Irak et pour sa sécurité», a- t-il expliqué, soulignant que «nous persévérons dans l’espérance». «Comme chrétiens nous n’abandonnerons pas notre pays. Nous ne devons pas fuir devant le danger et les difficultés», a-t-il encore écrit.

Les chrétiens représentent 3% de la population irakienne. Le 24 août, Emmanuel III Delly avait cependant expliqué dans le quotidien italien Avvenire qu’il était satisfait que la Constitution définisse l’Islam seulement comme «l’une de ses sources principales», aucune loi ne devant aller à l’encontre «des droits de l’homme». (apic/imedia/ar/bb)

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