Appel pressant à la communauté internationale

Genève: Médecins Sans Frontières s’alarme de la violence au Darfour et en Somalie

Genève, 4 septembre 2005 (Apic) La section suisse de Médecins Sans Frontières (MSF) s’est alarmée de la violence récurrente au Darfour et en Somalie. Elle appelle la communauté internationale à la mobilisation et à la vigilance face à ces deux conflits.

Au Darfour, la violence continue, a rapporté le 1er septembre l’organisation dans son bulletin d’information périodique sur ses activités dans le monde. Selon son président international, Rowan Gillies, dans toutes les régions où ses équipes sont présentes, elles continuent de «soigner des victimes de violences». Ces «équipes sont toujours amenées et de façon récurrente, à constater que des violences sont commises contre la population» civile, a souligné Gillies. «Nous sommes particulièrement inquiets de la persistance de cette situation et de ses conséquences pour nos patients et leurs familles».

Au cours des trois dernières semaines, les équipes médicales de MSF ont ainsi traité 52 patients souffrant de blessures dues à des violences. L’organisation travaille au Darfour depuis décembre 2003. Avec 180 expatriés et 3000 Soudanais travaillant sur 32 sites de la région, elle y mène la plus importante de ses opérations actuelles. De janvier à mai 2005, ces équipes ont soigné plus de 500 personnes pour des blessures causées par des violences.

La Somalie oubliée par la communauté internationale

En Somalie aussi, la violence est «sans relâche». MSF a recensé depuis le début de l’année, plus de 500 cas de blessures par agression violente, traitées dans ses deux hôpitaux à Galkayo (centre). Elle «veut alerter l’opinion sur la violence incessante qui règne à travers le pays et le peu d’attention accordée au peuple somalien par les organisations humanitaires et la communauté internationale».

«Ce qui est effrayant, c’est que la Somalie n’est pas officiellement en guerre», a déclaré pour sa part Colin Mcllreavy, chef de mission de MSF sur place. «Ce degré élevé de violence est le reflet d’une brutalité quotidienne qui s’exerce contre les gens du pays». «La violence extrême est devenue monnaie courante et les répercussions sur la population sont catastrophiques».

La Somalie est un pays sans état et sans gouvernement depuis 14 ans. Elle n’a pas de système de santé qui fonctionne et possède les indicateurs de santé les plus déplorables de la planète. Plus d’un enfant sur dix meurt à la naissance, et parmi ceux qui survivent, un quart aura péri avant d’avoir atteint son cinquième anniversaire. (apic/ibc/bb)

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