Le préfet émérite du Tribunal suprême de la signature apostolique pas opposé au Pacs
Rome, 14 septembre 2005 (Apic) Le préfet émérite du Tribunal suprême de la signature apostolique ne s’oppose pas à un Pacs à l’italienne. Une position qui tranche avec celle adopté mardi par le quotidien officiel du Vatican.
Le cardinal Mario Francesco Pompedda ne dit pas non à l’étude de formes juridiques pour les couples de concubins, hétérosexuels ou homosexuels. Dans une interview au quotidien italien « Il Giornale », le 14 septembre 2005, le préfet émérite du Tribunal suprême de la signature apostolique a répondu au leader de l’opposition italienne Romano Prodi qui s’est clairement affiché en faveur du Pacs, un pacte civil de solidarité à la française permettant de légaliser l’union de deux personnes, y compris du même sexe.
L’ancien « ministre de la justice » du Saint-Siège, prenant quelque peu le contre-pied de « L’Osservatore Romano », reconnaît ainsi l’existence des « unions de fait » (expression italienne pour les couples concubins, ndlr), mais affirmé qu’il convient d’être « très clair » pour « éviter chaque reconnaissance qui s’assimile ou ressemble même de loin au mariage ». « Mais, a-t-il ajouté, dans le principe, je ne suis pas contraire à étudier des formes juridiques de tutelle ».
« Il ne peut y avoir d’équivoques ou de confusions », a soutenu le cardinal italien, exigeant que rien ne puisse porter, dans le futur, à une « assimilation » au mariage. Le cardinal Pompedda a expliqué que « si, d’une ’union de fait’, par exemple, est née une descendance, il faudra défendre ces enfants en imposant des devoirs de la part des parents naturels, même si ceux-ci ne sont pas unis en mariage ».
Des devoirs, mais aussi des droits
Ainsi, le haut prélat s’est dit convaincu que, « au-delà des devoirs, naissent aussi des droits », et a déclaré qu’il ne lui semble « pas opportun que l’Etat ignore complètement le problème ». « On ne peut pas oublier que d’une ’union de fait’ qui dure depuis plusieurs années naît une relation qui ne peut pas ne pas engendrer de droits », a-t-il encore expliqué.
Dans un entretien avec le quotidien « Il Tempo », le cardinal Ersilio Tonini a pour sa part jugé « très grave » l’intervention de Romano Prodi. Aux yeux du cardinal archevêque émérite de Ravenne, la campagne électorale en vue des élections générales du printemps prochain n’est pas le moment idéal pour ce type de débat. « Je pense que la sortie de Romano Prodi est digne d’un régime antidémocratique qui ne respecte pas les citoyens », a-t-il ajouté.
Dans un courrier envoyé le 12 septembre 2005 à la principale association de défense des homosexuels italiens, ’Arcigay’, Romano Prodi a promis que la question du Pacs « trouvera certainement une solution dans le programme final de l’Union ». Cette coalition de partis affrontera le président du Conseil italien Silvio Berlusconi aux prochaines élections législatives. (apic/imedia/ami/pr)
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