Le mariage ne doit pas être confondu avec un simple contrat civil

Rome: Le Saint-Siège intervient dans le débat sur le Pacs italien

Rome, 15 septembre 2005 (Apic) Le mariage ne doit pas être confondu avec un simple contrat civil. C’est ce que le cardinal espagnol Julian Herranz, président du Conseil pontifical pour les textes législatifs, a expliqué dans un entretien, le 15 septembre au quotidien italien La Repubblica. Il était interrogé au sujet du pacte civil de solidarité à la française permettant de légaliser l’union de deux personnes, y compris du même sexe, qui agite maintenant la péninsule. Le leader de l’opposition italienne, Romano Prodi, s’est clairement affiché en faveur du Pacs.

« Selon moi, le législateur, dans son action, doit toujours opérer pour le bien commun », a déclaré le cardinal, membre de l’Opus Dei. « La question est simple, a-t-il poursuivi, il travaille constamment en fonction de la solidarité et des institutions portantes de la société, parmi lesquelles une place de choix revient toujours au mariage et à la famille, biens communs par excellence ».

Ainsi, « toutes les lois qui favorisent la famille fondée sur le mariage sont bonnes, les autres, qui à l’inverse cherchent à affaiblir le mariage et la famille, ne sont pas aussi bonnes », a poursuivi le ’ministre de la Justice’ du Saint-Siège. Il a affirmé s’exprimer de façon générale plus que sur le cas italien en particulier.

« Parler de mariage et de famille est une chose, cela en est une autre de discuter des droits de chaque personne, des droits qui sont inaliénables », a-t-il poursuivi. « Il s’agit d’être clair et de ne pas créer de confusion même de façon sémantique. Sur les droits personnels, les législateurs et les juristes ont un vaste champ d’études et d’interventions. Il suffit d’avoir de l’imagination et de la créativité. Mais tout ceci ne doit pas être pensé et fait au désavantage du mariage et de la famille ».

Contre les unions libres et les ’mariages homosexuels’

Enfin, le cardinal espagnol a rappelé la position du magistère et de Benoît XVI. En juin dernier, lors d’un congrès sur la famille organisé par le diocèse de Rome, le pape avait condamné la dissolution du mariage par les unions libres et les ’mariages homosexuels’. « Les différentes formes actuelles de dissolution du mariage, comme les unions libres et le ’mariage à l’essai’, jusqu’au pseudo mariage entre personnes de même sexe » sont « des expressions d’une liberté anarchique qui se fait passer, à tort, pour la vraie libération de l’homme », avait alors déclaré le pape. »Le mariage et la famille ne sont pas une construction sociologique casuelle », avait-il poursuivi, ajoutant, que cette construction ne saurait « être remplacée par d’autres ».

Le 14 septembre, le cardinal Mario Francesco Pompedda, président émérite du Tribunal de la signature apostolique, a quant à lui déclaré ne pas être opposé à l’étude de formes juridiques pour les couples de concubins, hétérosexuels ou homosexuels. Il a cependant expliqué qu’il fallait être « très clair » pour « éviter chaque reconnaissance qui s’assimile ou ressemble même de loin au mariage ». Ainsi, le haut-prélat s’est dit convaincu que, « au-delà des devoirs, naissent aussi des droits », et pour lui, il ne lui semble « pas opportun que l’Etat ignore complètement le problème ».

Dans un courrier envoyé le 12 septembre 2005 à la principale association de défense des homosexuels italiens, ’Arcigay’, Romano Prodi a promis que la question du Pacs « trouvera certainement une solution dans le programme final de l’Union ». Cette coalition de partis affrontera le président du Conseil italien Silvio Berlusconi aux prochaines élections législatives. (apic/imedia/hy/bb)

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