Des questions restent encore ouvertes

Vatican-Israël: Benoît XVI attend la mise en oeuvre des Accords fondamentaux

Rome, 18 septembre 2005 (Apic) Benoît XVI s’est dit satisfait que les relations diplomatiques entre le Saint-Siège et l’Etat d’Israël aient conduit à des formes de coopération plus solides et plus stables. Il a toutefois exprimé son «impatience» de voir la mise en oeuvre des Accords Fondamentaux sur des «questions toujours en suspens».

Il a en outre rappelé que «religion et paix» doivent aller «de pair» dans son discours adressé aux grands rabbins d’Israël, reçus à Castel Gandolfo le 15 septembre 2005. «Je vous accueille chaleureusement et vous exprime mon appréciation pour le fait que votre visite vise à souligner les résultats positifs issus de la Déclaration conciliaire Nostra Aetate dont nous commémorons cette année le 40e anniversaire», a tout d’abord confié Benoît XVI à Shlomo Amar et Yona Metzger accompagnés de leur suite. Il a aussi souligné que Nostra Aetate, proclamée en 1965, a été «un jalon sur la route vers la réconciliation des chrétiens avec le peuple juif».

La visite des grands rabbins d’Israël, une étape importante

Il a dit considérer cette visite comme une étape supplémentaire dans le processus de construction de relations religieuses plus profondes entre catholiques et juifs. Et d’ajouter que ce processus a reçu une nouvelle impulsion et énergie grâce aux nombreuses formes de contact, de dialogue et de coopération trouvant leur origine «dans les principes et dans l’esprit» du document conciliaire.

La Déclaration conciliaire affirme notamment que «l’Eglise qui réprouve toutes les persécutions contre tous les hommes, quels qu’ils soient, ne pouvant oublier le patrimoine qu’elle a en commun avec les Juifs, et poussée, non pas par des motifs politiques, mais par la charité religieuse de l’Evangile, déplore les haines, les persécutions et toutes les manifestations d’antisémitisme, qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les Juifs».

L’Eglise continue à faire tous les efforts pour instaurer cette vision du Concile Vatican II d’une nouvelle ère de compréhension mutuelle, de respect et de solidarité, a en outre précisé le pape. «Le regard du monde est constamment rivé à la Terre Sainte, ce pays considéré comme sacré par les juifs, les chrétiens et les musulmans», a par ailleurs affirmé Benoît XVI. «Malheureusement, notre attention est trop souvent attirée par des actes de violence et de terreur, cause d’immense tristesse pour toute personne» vivant là-bas.

«Mes pensées se tournent aussi vers les communautés chrétiennes de Terre Sainte, présence et témoins vivant là-bas depuis les origines du christianisme et à travers toutes les vicissitudes de l’histoire», a poursuivi le pape. «Aujourd’hui ces frères et soeurs dans la foi doivent affronter de nouveaux défis de plus en plus nombreux», a-t-il regretté.

Le pape, après avoir dit sa satisfaction que les relations diplomatiques entre le Saint-Siège et l’Etat d’Israël aient conduit à des formes plus solides et plus stables de coopération, a dit attendre avec impatience la mise en oeuvre des Accords Fondamentaux sur des questions toujours en suspens.

Dans l’attente depuis dix ans d’un accord juridico-financier

Depuis le mois de juillet 2004, le Vatican et l’Etat d’Israël ont repris des négociations interrompues depuis 10 ans, en vue de la conclusion d’un accord juridico-financier en ce qui concerne la propriété ecclésiastique, les exonérations fiscales sur le revenu des activités commerciales des communautés chrétiennes et le statut juridique de l’Eglise catholique.

De ces trois points, c’est le dernier qui n’est pas encore pleinement résolu et qui suscite des difficultés. Deux dates ont été fixées – le 22 septembre et le 6 novembre prochains – pour des négociations à ce sujet entre le Saint-Siège et Israël.

Benoît XVI a finalement rappelé aux grands rabbins qu’en tant que chefs religieux, ils avaient «devant Dieu une sérieuse responsabilité dans l’enseignement qu’ils donnaient et dans les décisions qu’ils prenaient». Il les a invités à promouvoir «la sacralité de la vie humaine» et à défendre «la dignité humaine de toute personne» afin que «la justice et la paix fleurissent dans le monde». (apic/imedia/ar/be)

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