New York: Déclaration finale de la 60e Assemblée générale de l’ONU sur la non-prolifération
New York, 25 septembre 2005 (Apic) Mgr Celestino Migliore, observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU à New York, a regretté le manque de consensus des Etats membres pour la limitation et la non-prolifération des armes – en particulier nucléaires – dans le monde. Il a souligné ce manque en commentant la déclaration finale de la 60e session de l’assemblée générale de l’ONU.
Le Saint-Siège a suivi de près le développement du document et fait bon accueil à de nombreux points proposés, a déclaré Mgr Migliore. « Cependant, le manque de consensus sur la limitation des armements et les questions de non-prolifération est regrettable ».
Un scandale des plus préoccupants
Pour le représentant du Saint-Siège, le silence du document final concernant le désarmement et la non-prolifération est « inquiétant ». « Que plus d’argent et d’intelligence soient employés pour la mort que pour la vie est un scandale qui devrait être extrêmement préoccupant pour toutes les nations », a-t-il ajouté.
Ainsi, a souligné le représentant du Saint-Siège, l’armement nucléaire est dévastateur pour les peuples et l’environnement. « Nous devons donc être exigeants sur la non-prolifération nucléaire. De même, nous devons insister pour le désarmement nucléaire complet et un système renforcé de vérification et de sauvegarde de l’AIEA ».
Les dépenses militaires globales ne cessent d’augmenter
Aucun effort ne devrait être épargné pour décourager non seulement la production des armes nucléaires mais également le commerce de ces matériaux, a déclaré Mgr Migliore, regrettant que les dépenses militaires globales ne cessent d’augmenter. Par ailleurs, le diplomate du Saint-Siège a insisté sur l’énormité du défi environnemental qui « aujourd’hui nous oblige à repenser nos notions de l’interdépendance, de la coopération globale et de notre responsabilité commune face à la sauvegarde de la planète ».
« Les petits gains faits dans ce dernier secteur sont menacés, entre autres, par le changement climatique, les nouvelles maladies, la destruction irresponsable des forêts, la pollution de l’eau, l’épuisement des stocks halieutiques et ainsi de suite », a-t-il expliqué. Enfin, Mgr Migliore a pointé trois défis « moraux » pour l’ONU et ses Etats membres: la solidarité avec les pauvres, la promotion du bien commun et un environnement vivable. L’ONU doit ainsi se pencher sur son « déficit démocratique afin d’assurer le globalisation sans marginalisation ».
« Manque d’universalité » dénoncé
Le 22 septembre, Mgr Celestino Migliore avait déjà dénoncé le « manque d’universalité » du mouvement pour l’arrêt des essais nucléaires, lors d’une conférence à New York sur l’application du Traité d’interdiction des essais nucléaires. La 60e assemblée générale des Nations unies s’est ouverte le 17 septembre dernier. Tout au long de la semaine, les Etats membres ont rappelé que le combat contre la pauvreté devait être « mené et remporté collectivement » et que l’élan politique en faveur du développement « maintenu et renforcé ». C’est ce qu’a souligné le président de la 60e session, le Suédois Jan Eliasson.
D’autres questions ont été largement débattues, dont la nécessité de progresser rapidement vers la création d’une Commission de consolidation de la paix et d’un Conseil des droits de l’homme.
Le terrorisme et la responsabilité de protéger les populations des génocides, des crimes de guerre, du nettoyage ethnique et des crimes contre l’humanité ont aussi été au coeur des interventions des chefs d’Etat et de gouvernement, des ministres ou des représentants des Etats membres.
Au dernier jour du débat général, le 23 septembre, nombre de ministres sont revenus sur la nécessaire réforme des Nations Unies. Certains, à l’instar de ceux du Liechtenstein, de la Côte d’Ivoire ou du Cambodge, ont regretté que le document final du sommet mondial, du 14 au 16 septembre, pour le 60e anniversaire de l’ONU, n’ait pas répondu à toutes les attentes de la communauté internationale.
A cette occasion, le cardinal secrétaire d’Etat du Saint-Siège, Angelo Sodano, avait appelé à une réforme de l’ONU qui soit attentive aux « réelles exigences des peuples plutôt qu’aux équilibres de pouvoir ». Soulignant la contribution du Saint-Siège au plan international, le cardinal italien, représentant Benoît XVI, avait aussi parlé des responsabilités de l’ONU et de la nécessité d’un plus grand engagement en faveur du développement.
170 délégués, dont 150 chefs d’Etat ou de gouvernement avaient participé à ce sommet du 60e anniversaire de l’ONU, le plus grand de l’histoire. Il s’est conclu par l’adoption, par acclamation, d’un document final sur la modernisation de l’organisation, le développement, les droits de l’homme, la sécurité internationale et la lutte contre le terrorisme. Ce texte est cependant bien moins ambitieux que le projet initial de Kofi Annan, le secrétaire général de l’ONU. HY/JB
Un document final pas aussi ambitieux qu’espéré
Dans le document final de 35 pages approuvé par les membres de l’ONU le 16 septembre 2005, les pays membres affirment leur détermination à édifier un monde pacifique, prospère et démocratique. Ils s’engagent à prendre des mesures concrètes pour réaliser les Objectifs de Développement pour le Millénaire (ODM). Ils y redisent aussi leur engagement à réduire la pauvreté et à encourager davantage de sources d’investissements directs dans les pays en développement.
Malgré tout, beaucoup d’orateurs du sommet avaient alors dénoncé l’échec des Etats membres à s’entendre sur la question du désarmement et de la non-prolifération, qui n’apparaît pas dans le texte. Enfin, le document n’évoque qu’en termes généraux la nécessité d’améliorer les pratiques de l’administration de l’ONU, dont la crédibilité est affectée par le scandale du programme « pétrole contre nourriture » en Irak. Quant à l’élargissement du Conseil de sécurité, il a été remis à plus tard. (apic/imedia/hy/be)
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