Selon un cours normal, déclare le Vatican

Rome: Procès en béatification de Jean Paul II

Rome, 28 septembre 2005 (Apic) Le procès en béatification de Jean-Paul II suivra un cours normal. C’est ce qu’a expliqué le cardinal José Saraiva Martins, préfet de la Congrégation pour la cause des saints, lors de la présentation de son livre Comment fait-on un saint, à Rome, le 27 septembre 2005.

Interrogé sur le procès en béatification de Jean Paul II, ouvert par Benoît XVI en mai dernier, le cardinal José Saraiva Martins, préfet de la Congrégation pour la cause des saints cardinal a déclaré qu’il ne «pouvait prévoir le temps» qu’il durerait.

«Ceci dépend de la durée de la phase diocésaine», en cours actuellement. «Benoît XVI a autorisé l’étude de la cause avant les délais normaux (au minimum cinq ans après la mort d’un individu, ndlr), mais il ne l’a pas dispensé du procès lui-même», a expliqué le cardinal en charge de ces dossiers.

«Le procès se trouve maintenant dans sa phase diocésaine, la première durant laquelle les documents sur la vie, la spiritualité, la correspondance de Jean Paul II sont réunis», a expliqué le haut prélat. «Ce matériel sera ensuite présenté au Saint-Siège afin que commence la seconde phase du procès».

Par ailleurs, concernant la cause de Léon Gustave Dehon, le préfet de la Congrégation pour la cause des saints a expliqué qu’elle «n’était pas interrompue». «L’Eglise, avant de béatifier quelqu’un, étudie scrupuleusement son histoire et son contexte. C’est uniquement lorsque tout est clair que l’on peut procéder» à la béatification. La béatification de ce Français était programmé avant la mort de Jean-Paul II. Mais pour faire la lumière sur l’antisémitisme de Léon Dehon, Benoît XVI a finalement, au début du mois de juin 2005, décidé de réunir une commission spéciale. Elle s’est réunie une première fois au mois de juin.

Léon Dehon: une commission créée pour enterrer» le dossier?

Les cardinaux français Paul Poupard, président du Conseil pontifical pour la culture, Roger Etchegaray, vice-doyen du collège cardinalice et président émérite des conseils pontificaux Cor Unum et Justice et paix, ainsi que le cardinal suisse Georges Cottier, théologien de la Maison pontificale, en font partie, ainsi que le cardinal José Saraiva Martins, et le père Evaristo Martinez de Alegria, postulateur de la cause. Selon de nombreux observateurs, cette commission aurait été créée pour enterrer le dossier. Sur le site officiel du Vatican (www.vatican.va), la béatification de Léon Gustave Dehon apparaît toujours dans la rubrique des «prochaines» béatifications, avec celle de la religieuse portugaise Rita Amada De Jesus, sans date précise.

Enfin, commentant la décision de Benoît XVI de ne plus présider lui-même les cérémonies de béatification, le cardinal Saraiva Martins a rappelé que ce n’était pas une nouveauté, mais un retour aux pratiques d’avant 1971. «Cette pratique permet de valoriser la théologie des Eglises locales» a-t- il estimé. Benoît XVI a approuvé cinq cérémonies de béatification du mois d’octobre au mois de décembre 2005. Trois seront célébrées au Vatican – dont celle du Français Charles de Foucauld, le 13 novembre – une en Italie et l’autre au Mexique.

Seuls 85 jours pour commencer l’enquête sur la cause Jean Paul II

Le 27 juin dernier, dans la basilique Saint-Jean de Latran, le cardinal Camillo Ruini, vicaire de Rome, a officiellement ouvert la phase diocésaine du procès en béatification de Jean-Paul II. Le 13 mai, jour anniversaire de l’attentat de 1981 qui faillit coûter la vie à son prédécesseur, Benoît XVI annonçait qu’il dérogeait à la règle selon laquelle un procès de ce type ne peut débuter que cinq ans après la mort d’un individu. Seuls 85 jours ont été nécessaires pour que l’enquête débute. Un record dans l’histoire moderne de l’Eglise catholique, auparavant détenu par Mère Térésa de Calcutta, béatifiée en 2003. Son procès s’était ouvert en 1998, un an après sa mort.

Salwomir Oder, prêtre polonais de Rome nommé postulateur de la cause estimait alors qu’il était «absolument impossible» d’estimer combien de temps durera ce procès. Le processus est long et tenu par le secret qu’ont juré d’observer les avocats canonistes et les notaires apostoliques chargés de l’enquête. Ces juges incorruptibles doivent garder jalousement le nombre et l’identité des personnes appelées à témoigner de la vie et du gouvernement de Jean Paul II. Cardinaux et laïcs, non-catholiques, hommes politiques et amis du pape seront nombreux à se succéder à la barre. Leur interrogatoire à huit-clos a commencé en septembre. Les fidèles sont aussi appelé à participer à ce procès par le biais du site internet www.beatificazionegiovannipaoloII.org.

Le 28 septembre 2005, 55 000 personnes avaient visité ce site qui compte 250’000 pages de témoignages et de prières. Une prière pour «obtenir des grâces par l’intercession du serviteur de Dieu le pape Jean-Paul II» est disponible en français sur ce site. (apic/imedia/hy/vb)

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