L’OeKu pour des aliments sans manipulations génétiques
Berne, 28 septembre 2005 (Apic) L’organisation oecuménique «Eglise et environnement» (OeKu) recommande d’accepter l’initiative populaire «pour des aliments produits sans manipulations génétiques», dite «Initiative sans OGM». Elle estime qu’une recherche plus poussée concernant les risques est indispensable.
Les promoteurs de l’initiative fédérale «pour des aliments produits sans manipulations génétiques» regroupent les organisations suivantes; Union Suisse des Paysans, Association Suisse des Paysannes, BIO SUISSE, IP SUISSE, Uniterre, Association des petits paysans VKMB, Pro Natura, WWF Suisse, Greenpeace, BirdLife, Fondation pour la protection des consommateurs, Association Suisse pour la protection des animaux, Médecins pour l’environnement, SWISSAID, Déclaration de Berne, STOPOGM, etc.
L’initiative populaire demande d’interdire pendant cinq ans l’importation et la mise en circulation de plantes, de parties de plantes et de semences génétiquement modifiées destinées à l’agriculture, l’horticulture ou l’économie forestière. Le moratoire frapperait aussi les animaux de rente génétiquement modifiés. Les initiants ne s’opposent en revanche pas à l’importation de denrées alimentaires issues d’organismes génétiquement modifiés (OGM).
Soumise au vote du peuple suisse le 27 novembre prochain, l’initiative n’empêche pas la recherche dans le domaine du génie génétique ainsi que les applications médicales issues du génie génétique; elles ne sont pas touchées par ce moratoire. Cette initiative jouit d’un large appui. La proposition d’introduire un moratoire de cinq ans avait été rejetée à une faible majorité par les Chambres fédérales lors des délibérations portant sur la Loi sur le génie génétique et l’initiative sans OGM.
Face au risque de dissémination des OGM, «la plus grande prudence s’impose»
En 1998, en vue de la votation sur l’initiative pour la protection génétique, le comité d’OeKu relevait déjà que la manipulation génétique d’organismes vivants faisait intervenir les critères éthiques suivants: la dignité de toute créature, la justice, la limitation des risques et la durabilité. Il évaluait alors, en se référant aux critères de la limitation des risques et de la durabilité, la dissémination d’OGM dans l’environnement de manière particulièrement critique: face au risque de voir des gènes de plantes cultivées transgéniques se transmettre à des plantes sauvages, «la plus grande prudence s’impose».
Les disséminations ne doivent être autorisées que pour des raisons majeures, quand aucune autre alternative ne se présente. Le critère du développement durable est lui aussi concerné, car la dissémination de plantes transgéniques modifie durablement les écosystèmes et peut mettre en péril la diversité biologique. Il n’y a pas, actuellement, relève OeKu, de» raisons majeures» en Suisse pour mettre en circulation des aliments transgéniques. La perspective d’un gain économique ne peut pas être considérée à elle seule comme une «raison majeure» affirme l’organisation.
OeKu est une association oecuménique proche des grandes organisations ecclésiales comme la Commission nationale suisse «Justice et Paix» de la Conférence des évêques suisses (CES) et l’Institut d’Ethique sociale de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), représentés dès la fondation dans son comité. Les membres et les principaux interlocuteurs d’»Eglise et environnement» sont les Eglises et les paroisses, ainsi que d’autres institutions ecclésiastiques et des privés. Un bureau fournit des conseils sur des questions théologiques relatives à la sauvegarde de la Création et à l’éthique environnementale. (apic/com/vb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse