Ne pas se laisser intimider sur les thèmes importants de la vie

Rome: L’Eglise ne se taira pas sur les projets de Pacs à l’italienne

Rome, 28 septembre 2005 (apic) « L’Eglise ne se taira pas », tel est le titre d’un article publié dans L’Osservatore Romano du 29 septembre. Il a été écrit en réaction aux sifflets essuyés par le président de la Conférence épiscopale italienne, le cardinal Camillo Ruini, opposant aux projets de Pacs à l’italienne, lors d’un déplacement à Sienne le 23 septembre dernier.

Le quotidien du Saint-Siège fait ainsi savoir qu’aux côtés de la Conférence épiscopale de la péninsule, « l’Eglise ne se taira pas et ne se laissera pas intimider sur les thèmes importants pour l’homme et la société ».

Le quotidien du Vatican intervient ainsi à nouveau dans la polémique qui enfle dans la presse italienne sur la participation de l’Eglise aux affaires politiques. Le 19 septembre dernier, le cardinal Ruini avait en effet pris position contre une forme italienne du Pacs (pacte civil de solidarité) à la française, en réaction à la prise de position plutôt favorable du chef de l’opposition italienne, Romano Prodi, cinq jours plus tôt. Le cardinal italien avait estimé que les projets inspirés du Pacs français étaient « modelés en bonne partie sur l’institution du mariage », et préfiguraient « ce qu’on pourrait appeler un petit mariage ». Intervenant devant le Conseil permanent de la Conférence des évêques italiens (CEI), il avait aussi qualifié le projet de Pacs de « préjudice grave pour le peuple italien ». Par ailleurs, il avait salué « la sagesse du peuple italien » qui avait invalidé par une très forte abstention le référendum italien des 12 et 13 juin 2005 sur la procréation médicalement assistée.

Le cardinal Ruini hué par les papillons rouges

Dans l’après-midi du 23 septembre, en déplacement à Sienne, en Toscane, le président de la Conférence épiscopale italienne a été chahuté par une quarantaine d’étudiants du groupe des ’papillons rouges’ qui regroupe divers courants de la jeunesse de la gauche locale. Le cardinal Camillo Ruini avait été invité à témoigner au cours d’un colloque intitulé ’Karol Wojtyla, le rôle historique et la pensée de Jean Paul II’. Avant même de commencer son intervention, le haut-prélat avait été copieusement sifflé et des pancartes étaient apparues avec les inscriptions: ’Nous voulons faire un Pacs en avant’, ’Nous sommes tous homosexuels’, ou encore ’L’amour libre dans un Etat libre’.

« Personne ne pourra nous faire taire sur la défense de la vie, de la dignité de l’homme et de la famille », affirme L’Osservatore Romano dans son édition du 29 septembre. Et de préciser son soutien au travail de la Conférence épiscopale italienne qui vient de terminer les travaux de son Conseil permanent à Rome.

L’Eglise ne se laissera pas intimider

Ainsi, le 27 septembre, le secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne, Mgr Giuseppe Betori, a déclaré que « l’Eglise ne se laissera certainement pas intimider », ajoutant que les interventions de l’épiscopat « ne peuvent être considérées en aucun cas comme une interférence illégitime, et encore moins comme une interférence dans la vie du pays ». Ces dernières, a-t-il précisé, « représentent plutôt la contribution constructive du catholicisme au bien et au développement de notre chère nation ». Mgr Bettori a rappelé que la contestation des étudiants à Sienne contre le cardinal Ruini avait été qualifiée par le cardinal lui-même de « plaisant intermède ».

Dans la soirée du 27 septembre, le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la Congrégation pour les évêques a jugé « inacceptable » l’attitude des étudiants contestataires de Sienne. Le cardinal italien a tout de même qualifié l’évènement de « marginal », regrettant qu’il ait été « amplifié par la presse ».

Dans son édition du 13 septembre dernier, L’Osservatore Romano avait déjà dénoncé la « recherche de votes à travers une déchirure inacceptable de la famille » en référence aux propos de Romano Prodi qui, dans un courrier à la principale association de défense des homosexuels italiens, ’Arcigay’, avait promis que la question du Pacs trouverait « certainement une solution dans le programme final de l’Union ». Cette coalition politique doit affronter le président du Conseil italien Silvio Berlusconi aux élections législatives du printemps prochain. (apic/imedia/ami/bb)

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