Liban: L’évêque latin de Beyrouth dénonce l’ingérence étrangère au Liban
Rome, 29 septembre 2005 (Apic) L’évêque latin de Beyrouth dénonce l’ingérence étrangère dans la reconstruction du Liban. A propos des attentats, le prélat ne voit pas nécessairement derrière eux la main syrienne mais plutôt « plusieurs mains (.) qui ont intérêt à ce que le Liban reste dans le désordre et le chaos ».
Mgr Paul Dahdah, vicaire apostolique de Beyrouth, a dénoncé l’ingérence des pays étrangers, notamment occidentaux, dans les affaires du Liban. Dans une interview diffusée par Radio Vatican le 29 septembre 2005, l’évêque de passage à Rome a également regretté que la démocratie ne soit souvent, comme en Irak, qu’un prétexte pour les grandes puissances d’asseoir leurs propres intérêts.
« Actuellement je ne peux pas dire que le Liban, après le départ des Syriens, soit totalement indépendant et autonome et décide de son destin », a ainsi déclaré sur Radio Vatican Mgr Paul Dahdah. Il a affirmé: « Dire que les puissances étrangères ne s’en mêlent pas, c’est être un peu superficiel et victime de naïveté ». Selon lui, tout le monde a l’ambition d’intervenir au Liban, n’importe qui. « Même la France, même les Etats-Unis interviennent d’une manière subtile. Ils disent non, nous sommes les garants de l’indépendance du Liban. Moi je ne suis pas sûr de cela, je ne crois pas à la gratuité dans l’action politique » s’est-il encore inquiété.
D’autre part, commentant la récente vague d’assassinats au Liban, il a regretté que l’ »on n’arrive pas à savoir de manière sûre et certaine la source de ces attentats ». L’évêque de la capitale libanaise a déclaré ne pas voir nécessairement derrière ces attentats la main syrienne mais plutôt « plusieurs mains (.) qui ont intérêt à ce que le Liban reste dans le désordre et le chaos ». Il a ainsi évoqué l’influence des « puissances étrangères » et regretté que ne soit pas réglée la question du désarmement du Hezbollah.
Le prétexte de la démocratie en Irak
L’évêque latin s’est également étonné de voir que les attentats ont beaucoup « touché la partie chrétienne ». « Est-ce qu’ils ont fait quelque chose de particulier ? », s’est-il interrogé, avant d’affirmer que « tout le monde a demandé le départ de la Syrie », et que désormais « les musulmans sont plus contre les Syriens que les chrétiens ».
Mgr Dahdah, ancien archevêque latin de Bagdad, a également qualifié la situation irakienne de « tragédie » dont les pays occidentaux portent la responsabilité. Il a souhaité que « les pays qui décident du destin de l’humanité pensent plutôt au bien public et ne pensent pas seulement à leurs intérêts ». Il a dénoncé une ingérence faite « au nom de la démocratie » tout en rappelant qu’elle « n’est pas une marchandise qu’on achète, (.) on ne devient pas démocratique d’un moment à l’autre ». L’évêque libanais a ainsi estimé « démagogique » l’habitude de déclarer que les élections sont démocratiques dans les pays arabes.
Enfin, le prélat s’est fortement inquiété « des problèmes confessionnels en Irak » et a dit craindre une « catastrophe pour le pays ». « Alors les chrétiens ont peur, je les comprends », a-t-il conclu. (apic/imedia/gt/pr)
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