Une Assemblée principalement pastorale, dit le secrétaire spécial

Rome: L’analyse de Mgr Minnerath sur le Synode des évêques

Propos recueillis à Rome par Ariane Rollier

Rome, 1er octobre 2005 (Apic) La 11e Assemblée du Synode des évêques, l’assemblée synodale sera principalement pastorale, estime Mgr Roland Minnerath, secrétaire spécial et archevêque de Dijon, dans une déclaration faite à I.Media, partenaire de l’Apic à Rome. Le Synode s’ouvrira dimanche. Il portera sur le thème de l’Eucharistie.

Q.: La diminution du nombre de prêtres en Europe et surtout en Amérique semble vous tenir à coeur. Pensez-vous que le thème de l’ordination des hommes mariés soit abordé durant l’assemblée synodale ?

Mgr Minnerath: La question sera sûrement traitée d’une manière ou d’une autre. Je crois qu’elle peut revenir, sans pour autant remettre en cause la discipline générale du célibat. Périodiquement, cette question est réévoquée. Nous verrons ce que les évêques auront à dire à ce sujet.

Q.: Pensez-vous qu’il y ait un regard favorable de beaucoup d’évêques ou même du pape à ce sujet?

Mgr Minnerath: Je ne pense pas avoir perçu cela. Je crois que les évêques disent plutôt que ce n’est pas la peine de se précipiter dans des solutions qui seraient un peu improvisées; ce qu’il faut c’est voir profondément les motivations. Mais en même temps, il faut prendre très au sérieux le manque de prêtres, qui fait que des communautés entières sont sans Eucharistie. Donc, c’est une chose à reprendre, et sur laquelle il faut réfléchir à la lumière du Saint Esprit ainsi que des besoins des fidèles.

Q.: La question des couples divorcés et remariés est un thème sur lequel le pape a dit qu’il fallait réfléchir.

Mgr Minnerath: Oui, absolument, et il y a une ouverture à ce sujet, vers une plus grande différenciation des cas. Il s’agit de voir à chaque fois comment une situation s’est créée pour aboutir à cette exclusion des sacrements.

Q.: Et éventuellement de réfléchir sur la validité des premiers mariages ?

Mgr Minnerath: C’est en effet l’une des pistes possibles. Cette procédure n’est pas assez connue par l’Eglise. Il y a en réalité aujourd’hui beaucoup de déclarations de nullité mais peut-être pas dans tous les cas (de mariages qui pourraient être rendus nuls, ndlr). Evidemment, c’est une phase pénible pour les personnes, mais elles sont ensuite libres et peuvent éventuellement contracter un nouveau mariage chrétien.

Q.: Au sujet de l’hospitalité eucharistique, pensez-vous que la présence de membres des Eglises et communautés soeurs fasse avancer le débat ?

Mgr Minnerath: On invite, comme pour chaque synode, des délégués fraternels venant des autres Eglises et communautés chrétiennes. Comme nous, ils participeront à la discussion.

Q. L’Eglise catholique va-t-elle aller plus loin dans sa vision de l’hospitalité eucharistique ou a-t-elle déjà exprimé tout ce qui était possible en la matière ?

Mgr Minnerath: Je crois qu’il y a déjà beaucoup d’ouverture sur la question de l’hospitalité eucharistique. Mais il est important d’entendre les autres et de voir comment ils réagissent et conçoivent cela.

Q.: Cette assemblée synodale va-t-elle être très pastorale d’après vous ?

Mgr Minnerath: Je crois qu’elle sera principalement pastorale, parce que même s’il faut les approfondir, les grandes questions doctrinales sont quand même admises partout.

Q.: Vous avez été expert au Synode spécial sur l’Europe en 1999. Quelles sont vos attentes par rapport à cette nouvelle assemblée ?

Mgr Minnerath: Il y aura forcément une nouveauté dans le déroulement du Synode. D’abord, il est moins long d’une semaine. Il y a également la possibilité d’une discussion générale tous les soirs de 18h à 19h, ce qui est tout à fait nouveau. Enfin, l’enjeu en est considérable. Il est extrêmement important de redécouvrir tous les aspects impliqués dans la foi eucharistique, comme le disait Jean-Paul II. C’est gigantesque toutes les questions qui sont soulevées, et elles sont au coeur de l’Eglise. A partir d’une redécouverte de ce qu’est l’Eucharistie, on a un moyen d’évangéliser, ce qui est absolument indispensable aujourd’hui.

Q.: En tant que secrétaire spécial, pouvez-vous aussi intervenir comme ’simplé évêque durant l’assemblée synodale ?

Mgr Minnerath: Je ne prendrai pas part aux discussions. Je dois enregistrer ce que disent les autres évêques et répondre aux questions. Pendant les débats, dans la première phase, tous les évêques sont invités à parler 6 minutes, moi pas. Par la suite, je n’irai pas non plus dans un carrefour en particulier, mais pourrai peut-être aller de l’un à l’autre. Le rapporteur général et moi-même sommes en effet invités, par les statuts, à nous rendre compte des travaux des carrefours, mais pas en nous fixant dans un seul. Je n’apparais pas en tant que représentant de l’épiscopat français, parce que je n’ai pas été élu par les évêques, mais ai été nommé par le pape pour ce rôle qui est vraiment au service de l’ensemble Synode.

Q.: Les propositions finales que vous soumettrez au pape resteront-elles confidentielles jusqu’à publication de l’Exhortation apostolique ?

Mgr Minnerath: C’est ce qui était de règle jusqu’ici. Mais on entend dire que le pape autoriserait peut-être la publication des propositions avant. (apic/imedia/ar/pr)

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