L’oecuménisme oublié.

Synode: un archevêque haïtien critique le rapport introductif du cardinal Scola

Rome, 4 octobre 2005 (Apic) Un archevêque haïtien a critiqué lundi le manque d’exhaustivité du rapport introductif au synode du cardinal Scola.

« J’aurais souhaité, qu’au synode, on insiste plus sur l’oecuménisme », a déclaré Mgr Pierre-Antoine Paulo, archevêque coadjuteur de Port de Paix à Haïti, lors d’une conférence de presse donnée au Vatican le 3 octobre 2005. Il revenait sur la première congrégation générale du Synode des évêques, durant laquelle le rapporteur général, le cardinal Angelo Scola, patriarche de Venise, avait présenté les questions essentielles à débattre durant le synode.

Si, dans son intervention en français, Mgr Paulo a repris les propos du cardinal Scola « l’Eucharistie fait l’Eglise et l’Eglise fait l’Eucharistie », il a regretté le manque d’exhaustivité de son discours introductif pour le synode. Dans cet esprit, l’archevêque coadjuteur de Port de Paix a souligné ce qui, « à son sens », était absent du synode.

Pour lui, « la grande attente », dans un esprit d’unité, est « le jour où tous les chrétiens divisés pourront célébrer ensemble l’Eucharistie ». « C’est pourquoi j’aurais souhaité qu’au synode, on insiste plus sur l’oecuménisme », a ainsi affirmé l’archevêque haïtien.

Evoquant la présence des douze représentants d’Eglises et communautés chrétiennes non-catholiques au synode, il a affirmé qu’il aurait « même souhaité qu’il y ait une célébration oecuménique pour faire vraiment voir que nous sommes en chemin vers cette unité ».

Le prélat haïtien s’est aussi interrogé sur la question de l’accès à la communion des divorcés-remariés, évoquée par le cardinal Scola dans son rapport introductif. Ainsi, il a parlé du panis viatorum, – le pain des voyageurs -, expliquant que, dans certains cas, des membres d’une autre tradition chrétienne « pouvaient recevoir la communion dans l’Eglise catholique et vice-versa », car « l’Eucharistie n’appartient à personne ». Il a alors estimé que « pouvait être posée la question du panis viatorum » dans le cas des divorcés-remariés.

Il a ainsi expliqué que « si quelqu’un qui est en dehors de l’Eglise, quelqu’un qui n’est pas en pleine communion, peut éventuellement recevoir la communion », – ce qui est « le cas » avec le panis viatorum -, « alors la question » peut se poser « pour celui qui est déjà dans la communion mais qui, éventuellement, a un problème, un empêchement pour recevoir l’Eucharistie », faisant référence aux divorcés-remariés. « Est-ce qu’éventuellement cela ne pourrait pas être envisagé ? » s’est interrogé l’archevêque.

Enfin, il s’est dit d’accord avec le patriarche de Venise qui a mentionné « les racines juives de l’Eucharistie » dans son discours, alors que cette référence est absente de l’Instrumentum laboris. « Cela pourrait donner une balise de plus sur le chemin du dialogue judéo-chrétien », a-t-il estimé car l’Eucharistie est « un legs, un héritage de la spiritualité judaïque », a-t-il expliqué.

Philippines: les fidèles en plus grande augmentation que les prêtres

Intervenant pour sa part sur la situation aux Philippines, le jeune évêque d’Imus, Mgr Luis Antonio G.Tagle a évoqué le manque de prêtres dans son pays par rapport au nombre croissant de fidèles. « En comparaison aux autres pays, nous avons assez de prêtres. Mais le nombre de fidèles augmente plus rapidement que le nombre de prêtres », a-t-il justifié.

Si, aux Philippines, beaucoup de fidèles « ont soif d’Eucharistie », ils n’ont malheureusement « pas la pleine communion tous les dimanches », a regretté l’évêque philippin. « Je vais faire une confession. Je sais que je vais rendre nos canonistes fous, mais le premier dimanche après mon ordination sacerdotale, j’ai célébré 9 messes », a-t-il affirmé, soulignant que son exemple n’était pas isolé aux Philippines.

« Dans certaines communautés, des responsables laïcs ou des responsables pastoraux mènent ce que nous appelons le service de la parole, le service biblique », a-t-il ainsi rapporté. Pour palier le manque de prêtres, « des hosties consacrées sont envoyées à ces responsables laïcs ». Ainsi, « après la proclamation de la parole, ils donnent la communion ». « Les fidèles savent que ce n’est pas la pleine communion, mais c’est ce que nous avons de mieux à offrir ».

Face à ce manque de prêtres, l’évêque philippin a reconnu ne pas avoir vraiment de réponse mais vouloir « écouter l’expérience de ceux qui ont des expériences similaires, par exemple en Amérique latine ».

Mgr Paulo a renchéri sur ce point, soulignant qu’il avait le même problème de pénurie de prêtres. Cependant, il a « trouvé que cette épreuve sert à quelque chose », dans la mesure où elle permet aux fidèles de retrouver le sens de la célébration dominicale. « Des gens viennent de très loin, traversent des rivières sous la pluie pour se réunir dans la chapelle en pleine brousse. Car c’est le dimanche, le jour du Seigneur », a-t-il insisté. « Cela peut faire prendre conscience de la nécessité de former des laïcs. Car ce sont des laïcs qui dirigent les communautés et sont invités à faire des catéchèses », a-t-il conclu. (apic/imedia/ar/pr)

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