«L’un des opposants les plus ardents au communisme»
Bonn, 6 octobre 2005 (Apic) Un journal allemand a révélé comment la police secrète de l’Allemagne de l’Est, la célèbre Stasi, a espionné Joseph Ratzinger pendant trente ans avant qu’il ne devienne le pape Benoît XVI.
«Longtemps avant sa nomination comme préfet de la Congrégation romaine pour la doctrine de la foi, il était surveillé par des agents du Ministère de la sécurité», a précisé l’hebdomadaire allemand «Bild am Sonntag» le 2 octobre.
«L’un d’entre eux a écrit qu’en tant préfet de la Congrégation, il aurait une influence sur le développement d’attitudes anticommunistes au sein de l’Eglise catholique, en particulier en Amérique latine.» ’hebdomadaire rapporte que la Stasi avait commencé d’exercer une surveillance sur le futur pape lorsqu’il s’est rendu en République démocratique allemande en avril 1974 pour donner une conférence à des étudiants en théologie à Erfurt, et l’a décrit, après sa nomination en 1977 en tant que cardinal, comme «l’un des opposants les plus ardents au communisme». Un rapport de la Stasi fait remarquer que le futur pape «qui se montrait d’abord timide dans la conversation» possédait aussi «un charme captivant».
Le pape a donné son assentiment à la publication
Le pape, ajoute le journal, a été informé par le Centre de gestion des archives de la Stasi du projet de publication et il a donné son assentiment dans une lettre adressée à Marianne Birthler, la directrice. La Stasi employait 97’000 agents à plein temps et 173’000 informateurs à son siège situé à Berlin, et dans 14 bureaux régionaux. Cela signifie qu’il y avait un agent pour 63 citoyens de l’Allemagne de l’Est, ou un pour six lorsqu’il y avait aussi des informateurs à mi-temps.
Dans son article, «Bild am Sonntag» indique que les agents est- allemands étaient «particulièrement intéressés» par les contacts du futur pape avec le cardinal Karol Wojtyla, archevêque de Cracovie, devenu le pape Jean Paul II en 1978. Ce dernier était lui-même surveillé étroitement par des agents polonais, note le journal. Selon l’hebdomadaire, les agents ont rapporté que le pape Jean Paul II a demandé plus tard au cardinal Ratzinger d’organiser l’aide aux «activités contre-révolutionnaires en Pologne» après la montée du mouvement Solidarité en 1980. (apic/eni/be)
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