10 étudiants abattus par la police

Inde: Des chrétiens dénoncent les violences contre des étudiants baptistes

New Delhi, 6 octobre 2005 (Apic) Les responsables de plusieurs Eglises de l’Inde ont dénoncé l’action de policiers qui ont ouvert le feu sur des étudiants manifestant dans l’Etat du Meghalaya, au nord-est de l’Inde. Les violences ont fait 10 morts et une dizaine de blessés.

«Nous sommes choqués. Tirer sur des étudiants non armés est scandaleux», a déploré le pasteur Ngul Khan Pau, secrétaire général du Conseil des Eglises baptistes du nord-est de l’Inde. «Tous ces étudiants sont membres de notre Eglise, a précisé lundi le pasteur Pau à l’agence oecuménique ENI. Selon des sources religieuses, plusieurs étudiants, qui s’étaient rassemblés pour manifester pacifiquement dans la région des Garo contre des propositions de changements dans le système d’éducation de l’Etat, ont lancé des pierres sur les policiers après l’annonce de l’interdiction de la marche.

En représailles, les forces de sécurité qui seraient venues d’autres régions de l’Inde, et qui ont été accusées d’agir très brutalement contre les habitants du nord-est, ont ouvert le feu en tirant avec de vraies balles sur les étudiants sans faire d’abord usage de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc pour les disperser.

Le pasteur Dawnga Laldangliana, secrétaire de l’Eglise presbytérienne de l’Inde, a aussi condamné cette action. S’exprimant depuis le siège de l’Eglise à Shillong, capitale du Meghalaya, il a déclaré que la population de cet Etat minuscule de deux millions d’habitants majoritairement chrétien a été choquée par cette violence. L’archevêque catholique de Shillong, Dominic Jala, s’est dit indigné par l’action de la police et la perte de vies humaines, et a exhorté la population à «maintenir la paix». Le gouvernement du Meghalaya a annoncé que des compensations s’élevant à 100’000 roupies (1’900 euros) seraient versées aux familles des étudiants tués durant ces violences.

Frontalière avec la Chine, le Bhoutan, le Bangladesh et le Myanmar, l’Inde du nord-est englobe 7 petits Etats comprenant plusieurs groupes ethniques et où les conflits sont nombreux. «Nous ne pouvons garder le silence lorsque des étudiants innocents sont tués de cette manière par la police», a déploré Purno A. Sangma, leader du Parti nationaliste du Congrès et ancien président du Parlement de l’Inde. Purno Sangma, un catholique, a demandé que le gouvernement du Meghalaya renvoie le ministre de l’Intérieur de l’Etat pour n’avoir pas pris de mesures contre les auteurs de ces violences. (apic/eni/be)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/inde-des-chretiens-denoncent-les-violences-contre-des-etudiants-baptistes/