Benoît XVI rend hommage à son ami théologien

Rome: Centenaire de la naissance du Suisse Hans Urs von Balthasar

Rome, 7 octobre 2005 (Apic) Benoît XVI a rendu hommage à son ami le théologien Hans Urs von Balthasar, dans un message publié le 7 octobre. Le pape l’a adressé aux participants au colloque international organisé à Rome à l’Université pontificale du Latran pour le centenaire de la naissance du théologien suisse.

Mgr Rino Fisichella, recteur de l’Université, a lu ce message aux participants de ce colloque intitulé ’Solo l’amore è credibile’ (seul l’amour est crédible). Le pape a ainsi affirmé avoir «eu la joie de connaître et de fréquenter» Hans Urs von Balthasar, se rappelant de «l’amitié sincère» qui le liait avec ce «théologien suisse réputé». «Sa réflexion théologique garde aujourd’hui encore une profonde actualité», a poursuivi le souverain pontife. «Hans Urs von Balthasar a été un théologien qui a mis sa recherche au service de l’Eglise, car il était convaincu que la théologie pouvait être seulement marquée par l’ecclésialité», a indiqué Benoît XVI. «Je peux attester que sa vie a été une authentique recherche de la vérité».

Les 6 et 7 octobre, l’Université pontificale du Latran organise un colloque international sur Hans Urs von Balthasar (1905-1988). Le 100e anniversaire de la naissance du théologien catholique suisse de langue allemande «permet de retourner de manière significative sur la personnalité et l’oeuvre de l’homme ’le plus cultivé de notre siècle’, comme le définissait son ami Henri de Lubac (1896-1991)», rapporte ainsi un communiqué de l’Université du Latran.

Le colloque est organisé en collaboration avec la Revue Communio, fondée entre autres par Hans Urs von Balthasar, Joseph Ratzinger et le cardinal Angelo Scola, patriarche de Venise. Il «cherche à reparcourir les différentes perspectives qui, au cours des décennies, ont imposé la réflexion de Balthasar dans l’organigramme théologique et, en même temps, à clarifier l’interprétation de sa pensée de façon plus cohérente» avec l’intégralité de son oeuvre, précise encore le communiqué.

Outre le cardinal Scola, interviennent dans ce colloque le cardinal James Francis Stafford, Grand Pénitencier, le cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec ainsi que Mgr Peter Henrici, évêque auxiliaire de Coire en Suisse.

Prix Paul VI remis par Jean Paul II en 1984

Hans Urs von Balthasar est né en Suisse, le 12 août 1905. Passionné de musique, il s’orienta cependant vers des études littéraires. Son premier grand livre, Apocalypse de l’âme allemande (1937), donna «une interprétation chrétienne de la poésie, la philosophie et la théologie depuis Lessing jusqu’à aujourd’hui». En novembre 1929, il entra chez les jésuites. Sous l’influence du Père de Lubac, il s’orienta vers les théologiens grecs sur lesquels il publia de nombreux travaux. Il fut envoyé à Munich, puis à Bâle comme aumônier des étudiants. Il y fit la connaissance de Karl Barth, alors professeur à la faculté de théologie, mais aussi d’Adrienne von Speyr (1902-1967), avec qui il créa en 1944 la Communauté Saint-Jean. Ce fut là la grande affaire de sa vie et aussi la raison qui l’amena en 1950, bien malgré lui, à quitter les jésuites. La parution de son grand oeuvre, la Trilogie, s’échelonna sur tout le reste de sa vie, de 1961 à 1987. En 1984, Jean Paul II remit à Balthasar le prix Paul VI pour l’ensemble de son oeuvre théologique. En mai 1988, Jean-Paul II l’éleva à la dignité de cardinal. Balthasar mourut un mois plus tard, le 26 juin 1988.

La revue Communio naquit quand l’esprit de la revue internationale de théologie Concilium – créée par des théologiens suite au Concile en vue d’approfondir sa dynamique – changea, dans les années 68. Elle devint contestataire, exprimant des revendications à l’égard du ’pouvoir’ de l’Eglise trop timide selon elle dans son application du Concile. Joseph Ratzinger qui fit successivement partie des deux revues, prit très vite conscience de la gravité de ces dérapages. Ayant l’idée d’une théologie créative en communion avec le magistère, comme les jésuites Jacques Guillet en France, ou Balthasar en Suisse, ils mirent alors au point, en 1972, le projet de la revue Communio. Une grande amitié théologique lia les théologiens Balthasar et Ratzinger. «Balthasar fut un vrai maître de foi», déclara le futur pape dans son homélie à l’occasion des funérailles du théologien suisse en 1988. Un recueil contenant des études faites par chacun des deux théologiens sur la Vierge fut publié en 1980 sous le titre de Marie, première Eglise. (apic/imedia/hy/ar/bb)

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