Rome: Ouverture timide vers la communion des chrétiens non-catholiques
Rome, 9 octobre 2005 (Apic) Quatre pères synodaux, dont deux Suisses, sont intervenus le 8 octobre autour de la délicate question de la communion des fidèles chrétiens non-catholiques. Trois d’entre eux ont effectué une timide ouverture en ce sens, en faveur de l’oecuménisme. Mais, le théologien de la Maison pontificale, le cardinal Cottier, a tenu à rappeler l’interdiction de l’intercommunion par l’Eglise.
Mgr Sofron Stefan Mudry, l’évêque émérite d’Ivano-Frankivsk (Ukraine), s’est montré le plus ouvert sur la question, à l’égard des orthodoxes. « En faisant participer les non catholiques orthodoxes à la communion, nous rendons réelle la communion entre nous », a-t-il expliqué. Il a aussi invité à ce que l’interdiction de concélébrer avec des prêtres non catholiques soit revue « en reconsidérant un certain nombre de points fondamentaux de l’Eucharistie et de l’oecuménisme, précisant par ailleurs le terme ’non catholique’ utilisé par le canon » des Eglises orientales.
Le président de la Conférence épiscopale suisse, Mgr Amédée Grab, a souligné pour sa part « la convergence croissante » avec les autres communautés chrétiennes sur des thèmes « très importants » comme « la présence réelle, le caractère sacrificiel du mémorial, la nécessité de l’ordination ». L’évêque de Coire a noté que « l’intercélébration, l’intercommunion, l’hospitalité générale offerte à tous les baptisés, voire même à tous les présents, ne sont pas possibles », mais il a rappelé que la participation à la communion de baptisés non catholiques, « individuellement, dans des cas exceptionnels et à des conditions déterminées » était explicitement prévue par le Directoire oecuménique de 1993 dans des conditions spécifiques. Le président du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe a noté que, parmi ces conditions, « ne figure pas l’appartenance à l’Eglise catholique ». Il a alors invité à ne pas oublier cette possibilité.
Communion possible dans certains cas déterminés
Un troisième intervenant, le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, a aussi parlé de communion possible « dans certains cas particuliers déterminés ». Et de citer les critères énumérés dans le Catéchisme de l’Eglise catholique: « un motif grave, la demande spontanée, une bonne disposition et la manifestation de la foi catholique envers le sacrement ». Le cardinal allemand s’est dit « personnellement (.) convaincu qu’avec ces critères les problèmes vraiment pastoraux peuvent trouver une solution positive ». Parce que « ces questions sont, dans de nombreux pays, d’une grande importance pastorale », le cardinal Kasper a enfin recommandé « qu’ils soient inclus dans le texte final ou dans les propositions » du Synode en cours.
Egalement cardinal et suisse, le dominicain Georges Cottier a affiché une position plus catégorique. Le théologien de la Maison pontificale a ainsi rappelé que l’Eglise rejetait l’intercommunion, et affirmé que « la communion eucharistique n’est pas un point de départ ». Cette communion, a expliqué le cardinal Cottier, « exprime et porte à perfection une communion qu’elle présuppose dans son intégralité: communion dans la doctrine des apôtres, dans les sacrements et dans la communion avec le collège apostolique dont Pierre est le chef ». Le théologien suisse a reconnu que « cette position, n’étant pas comprise, semble injustement dure » à certains frères protestants. « C’est un devoir fraternel, en conséquence, que l’Eglise dise qu’elle ne se reconnaît pas le droit de disposer à son gré de ce qui est un don reçu de son Seigneur », a-t-il conclu. (apic/imedia/ami/bb)
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