Pakistan: Eglises chrétiennes mobilisées pour porter assistance aux victimes du séisme
Genève/Baramulla, 10 octobre 2005 (Apic) Alors que le bilan est déjà lundi 10 octobre de plus de 20’000 morts, les Eglises pakistanaises demandent à leurs fidèles de prier pour les victimes du tremblement de terre qui, le 8 octobre, a semé la désolation dans la partie du nord du Pakistan près de la frontière avec l’Inde.
« Ce tremblement de terre a dévasté notre pays. Les gens sont en état de choc », a déclaré à l’agence oecuménique ENI l’évêque Samuel Pervez, président du Conseil national des Eglises du Pakistan (NCCP), qui regroupe quatre grandes Eglises protestantes. Qualifiant la tragédie de pire catastrophe survenue dans l’histoire du Pakistan, le général Pervez Musharraf, président du pays, a demandé l’assistance internationale sous forme de médicaments, couvertures, tentes et hélicoptères pour secourir les victimes.
« L’estimation des dommages exacts et du nombre des morts n’est pas possible car l’on attend encore des informations provenant de ces régions montagneuses et reculées », a précisé le NCCP dans un communiqué lançant un appel à l’assistance des Eglises.
Appel à l’assistance des Eglises
Des agences de secours d’urgence comme l’Action commune des Eglises (ACT) ont aussitôt déclenché une action après le séisme. L’agence, dont le siège est à Genève, a déclaré le 10 octobre que, dans le monde entier, ses membres recevaient des dons et qu’elle se préparait à lancer un appel visant à collecter plusieurs millions de dollars pour aider les personnes affectées par la catastrophe.
D’Islamabad, Shama Mall, directrice de programme de Church WorldService Pakistan/Afghanistan, une agence partenaire d’ACT, a rapporté que « pour l’instant, chacun se concentre sur les efforts de sauvetage, mais que ceux-ci sont rendus difficiles par les fortes pluies et la grêle qui frappent certaines des zones touchées. » C’est la province du Cachemire, au nord d’Islamabad, qui aurait été la plus frappée, des dizaines de villages ayant été emportés par des glissements de terrains qui ont suivi le tremblement de terre d’une force de 7,6 sur l’échelle de Richter.
Muzzafarabad, ville fantôme
Muzzafarabad, la capitale de la région du Cachemire sous contrôle pakistanais, près de l’épicentre du séisme, est devenue une ville fantôme et des milliers de personnes sont ensevelies sous les débris, entre autres 300 étudiants à Garhi Habibullah ou` l’école s’est effondrée.
Du côté indien du Cachemire qui n’est pas une région très peuplée, il y aurait eu plus de 700 morts. « De nombreux villages ont été rasés dans la région de Muzzafarabad », a expliqué Mgr Anthony Theodore Lobo, l’évêque catholique d’Islamabad-Rawalpindi au correspondant d’ENI. Mgr Lobo, qui est secrétaire général de la Conférence épiscopale pakistanaise, a précisé que les maisons de boue séchée dans cette région aride se sont effondrées comme des jeux de cartes en ensevelissant les habitants.
Mgr Lobo a souligné que même si la couverture médiatique s’était concentrée surtout au début sur l’effondrement des Tours Margalla, dix immeubles d’habitation à Islamabad, qui a fait des dizaines de morts, l’attention se porte progressivement sur les ravages dans la région de Muzzafarabad. L’évêque d’Islamabad-Rawalpindi remarque qu’il a peu de chrétiens dans cette région. Même s’il a connu plusieurs tremblements de terre auparavant, Mgr Lobo a expliqué au correspondant d’ENI, que même à Lahore, à 300 kilomètres au sud de Muzzafarabad, le séisme a été « terrible ». (apic/eni/be)
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