L’archevêque de Sarajevo dénonce la dramatique situation des catholiques dans son pays
Rome, 12 octobre 2005 (Apic) L’archevêque de Sarajevo, le cardinal Vinko Puljic, est intervenu avec force lors du Synode des évêques, le 11 octobre 2005, pour dénoncer la situation dramatique de la Bosnie-Herzégovine, et en particulier de la minorité catholique du pays. Avec un ton particulièrement dur, le cardinal s’en est pris à la communauté internationale qui «favorise l’arrogance des musulmans».
Le président de la Conférence épiscopale de Bosnie-Herzégovine, qui prenait la parole lors de la 13e congrégation générale du Synode sur l’Eucharistie, a évoqué en premier lieu la question des vocations sacerdotales, du sens du sacré et de la parole de Dieu, avant d’évoquer la situation de son pays.
A propos du sort réservé aux catholiques de Bosnie-Herzégovine, le cardinal Vinko Puljic n’a pas hésité à affirmer qu’une sorte d’»extermination» se déroulait devant ses yeux. «La Bosnie-Herzégovine est devenue un protectorat de la communauté internationale dans lequel les catholiques sont privés de leurs droits, du droit de revenir dans leurs propres maisons, de parler leur propre langue, le professer leur religion», s’est ainsi lamenté l’archevêque de Sarajevo. Ce dernier a affirmé que «de nombreuses familles, surtout jeunes, quittent le pays et trouvent refuge dans des pays occidentaux».
«Nous vivons avec une majorité de musulmans et une para-république de Republika Srpska (entité serbe du pays, ndlr) qui cause des problèmes au développement du pays ainsi qu’au cheminement de l’Europe», a encore dénoncé le prélat. «Tout cela, sous les yeux de la communauté internationale qui favorise l’arrogance des musulmans», a conclu le cardinal Vinko Puljic.
Les interrogations du cardinal Puljic
Evoquant plus particulièrement les thèmes liés au Synode sur l’Eucharistie, le cardinal bosniaque a demandé à ses confrères comment «des hommes qui cultivent de l’envie et de la haine à l’égard de leurs voisins peuvent célébrer correctement» la messe. L’archevêque s’est aussi demandé «comment un chrétien peut aller à la table du Seigneur s’il commet des injustices ?».
«Il me semble que le prêtre se trouve souvent en danger», a aussi confié Mgr Puljic. Car, selon lui, «en vivant au quotidien avec les autres hommes de ce millénaire dans un processus de sécularisme, de matérialisme, de consommation, etc. on perd aussi le sens du sacré».
Absents du résumé publié par le secrétariat général du Synode, une partie des propos de l’archevêque ont été rapportés le 11 octobre 2005 à la presse par le père Giogio Costantino, attaché de presse de l’assemblée des évêques.
L’ancienne république yougoslave de Bosnie-Herzégovine a déclaré son indépendance en février 1992. Trois années d’une sanglante guerre civile s’en sont suivies, entre ethnies croate (catholiques), serbe (orthodoxes) et bosniaque (musulmans).
Le 21 novembre 1995, les belligérants ont signé à Dayton (Etats-Unis) un traité mettant fin aux combats interethniques (l’accord final a été signé à Paris le 14 décembre suivant). Les accords de Dayton ont divisé la Bosnie-Herzégovine à peu près également entre la Fédération de Bosnie- Herzégovine (croato-bosniaque) et la Republika Srpska (bosno-serbe).
En Bosnie-Herzégovine, les musulmans représentent 40 % de la population. On compte 31 % d’orthodoxes, en majorité des serbes de la Republika Srpska, au nord. Les catholiques, d’origine croates, représentent 15 % de la population. (apic/imedia/ami/pr)
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