Il préfère intervenir dans les questions politiques

Rome: Le cardinal Bergoglio ne souhaite pas parler des fuites concernant le conclave

Rome, 13 octobre 2005 (Apic) Le cardinal archevêque de Buenos Aires, Jorge Mario Bergoglio, se refuse à commenter les fuites sur le vote du conclave d’avril dernier, mais préfère parler de politique. C’est ce que le challenger du cardinal Ratzinger pour le pontificat a déclaré au quotidien italien L’Indipendente, le 13 octobre 2005.

«Je suis resté ahuri et aussi un peu blessé. Je ne voudrais pas parler de ces indiscrétions», a déclaré le cardinal Bergoglio au sujet de la publication par la revue de géopolitique italienne «Limes» des mémoires d’un cardinal anonyme sur le conclave des 18 et 19 avril 2005. Ces révélations, publiées le 23 septembre dernier, indiquaient que le cardinal argentin avait recueilli jusqu’à 40 voix lors du conclave, et que Benoît XVI avait été élu par 84 cardinaux sur 115.

L’élection du pape, «le choix de la providence divine»

«Ce ne sont pas nous, les cardinaux, mais la providence divine qui guide le choix du successeur de Pierre», a-t-il sobrement commenté. «Raconter des anecdotes ou des faits d’un conclave laisse à croire que ce sont les hommes qui ont décidé. Mais ce n’est pas le cas. Je peux seulement dire que je me souviens du climat d’intense recueillement, quasi mystique, qui était celui de ces réunions. Nous étions tous conscients de n’être que les instruments dont se servait la providence divine pour élire un digne successeur à Jean Paul II. C’est ce qui est arrivé», a expliqué le jésuite.

«Benoît XVI montre chaque jour à tous ses qualités exceptionnelles, ses dons extraordinaires de pasteur et d’homme de foi», a poursuivi le cardinal Bergoglio, soulignant que lui n’était qu’un «prêtre parmi ses gens, qui vit leurs problèmes quotidiens».

Les évêques ont raison «de blâmer les politiques et les hommes de gouvernement»

En revanche, l’archevêque de Buenos Aires a revendiqué la légitimité pour lui, l’Eglise et le Saint-Siège, d’intervenir sur les questions politiques. «Les évêques font très bien de talonner et de blâmer les politiques et les hommes de gouvernement. Si l’Eglise n’a plus le courage de parler, si elle est muette, il n’est plus l’Eglise», a lancé le cardinal argentin. Et de conseiller d’avoir une main de fer dans un gant de velours.

«Il faut de la délicatesse et de l’intelligence. Il est nécessaire d’être intransigeant avec les hommes de pouvoir, mais il faut aussi comprendre les problèmes des gens, ne pas condamner les comportements de familles ou de couples qui souvent traversent des crises douloureuses». En politique, «il faut éviter les extrêmes et la violence», et l’homme de foi doit choisir «des candidats honnêtes véritablement attentifs au bien commun». «Je sais que Benoît XVI fera entendre fermement sa voix quand ce sera nécessaire contre les injustices, contre la violence et la négation des droits», a poursuivi le cardinal Bergoglio.

«Ce n’est pas le marxisme qui résout les problèmes»

Quant aux difficultés de l’Amérique du Sud, «ce n’est pas le marxisme qui résout les problèmes. Le christianisme, s’il est vécu dans sa profonde acceptation, est pleinement suffisant», a-t-il lancé.

«Ma vie est à Buenos Aires, a conclu celui qui aurait pu devenir le premier pape sud-américain. Sans les gens de mon diocèse, sans ses problèmes, il me manque toujours quelque chose». Il y a quelques années, interrogé par un journaliste italien sur sa possible nomination à la tête d’un dicastère romain, le cardinal Bergoglio avait répondu : «A la curie, je mourrais». (apic/imedia/hy/be)

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