Déception à la direction de l’ARM
Evian, 14 octobre (Apic) L’organisation d’une Assemblée commune en 2010 pour les protestants luthériens et les réformés semble impossible. Selon les responsables de l’Alliance réformée mondiale (ARM), qui regroupe 75 millions de protestants à travers le monde, la prochaine Assemblée mondiale ne pourra avoir lieu comme espéré avec la Fédération luthérienne mondiale (FLM). La déception est grande à l’ARM.
«Nous avons appris avec un sentiment de profonde déception que la Fédération luthérienne mondiale, tout en affirmant sa volonté d’envisager des rassemblements oecuméniques à l’avenir, a décidé de tenir sa propre Assemblée à Stuttgart en 2010», a déclaré le président de l’ARM, le pasteur Clifton Kirkpatrick, lors de la réunion du Comité exécutif de l’ARM à Evian, en France.
Les protestants réformés et luthériens font remonter leur histoire à la Réforme protestante en Europe; dans le passé, ils ont cependant été séparés par des divergences doctrinales. Le pasteur Kirkpatrick et le secrétaire général de l’ARM, le pasteur Setri Nyomi, avaient proposé à la FLM en septembre que les deux groupements organisent leurs prochaines Assemblées dans le même lieu, même si certains points constitutionnels pouvaient être traités séparément.
Des organisations qui ont toutes leur siège au Centre oecuménique de Genève
«Au sein de l’ARM, nous estimons qu’il y a une occasion unique pour l’ARM et la FLM de montrer l’exemple, non pas comme une fin en soi, mais comme une expression de notre engagement [en faveur de l’unité de l’Eglise]», avaient écrit les pasteurs Kirkpatrick et Nyomi.
Cette proposition faisait suite à une décision prise en 1997 par l’Alliance réformée selon laquelle les futures rencontres de son Assemblée mondiale «devraient, si possible, être organisées en même temps et dans le même lieu» que les rencontres des instances dirigeantes de la FLM et du Conseil oecuménique des Eglises (COE).
Les trois organisations ont leur siège au Centre oecuménique de Genève et certaines Eglises sont représentées dans plusieurs d’entre elles. Les trois organisations tiennent de grandes Assemblées qui rassemblent des centaines ou des milliers de participants. Certaines Eglises membres, qui ont des difficultés financières, critiquent cette duplication inutile.
Le Comité exécutif de l’ARM avait appris précédemment de la part du secrétaire général de la FLM, le pasteur Ishmael Noko, que la Fédération restait engagée en faveur de la coopération oecuménique avec d’autres organismes et qu’il y avait un besoin «de changer le style des rencontres». Mais il a mis en garde contre une rencontre commune qui ne comprendrait pas le COE. «Le risque est que nous pussions être mal compris si seules l’ARM et la FLM se rassemblaient», a-t-il affirmé.
«Nous aurions aimé voir ces deux organisations donner un exemple», a déclaré le pasteur Kirkpatrick à l’agence de presse oecuménique ENI basée à Genève. L’Alliance réformée a reporté jusqu’à 2007 une décision concernant sa propre Assemblée «dans l’espoir que des possibilités oecuméniques émergeront». Jitka Krausova, de l’Eglise évangélique des Frères tchèques, qui appartient à l’ARM et à la FLM, a souligné qu’il était nécessaire de travailler ensemble. «Dans mon pays nous devons coopérer car sinon, nous ne pourrions pas survivre», a-t-elle relevé. (apic/eni/be)
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