Une telle rencontre «pourrait ouvrir une nouvelle page»
Rome, 19 octobre 2005 (Apic) L’archevêque catholique de Moscou, Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, espère qu’une rencontre aura lieu prochainement entre Benoît XVI et le patriarche de Moscou Alexis II.
«Nous prions toujours pour une rencontre entre le pape et le patriarche de Moscou Alexis II» a déclaré l’archevêque de la Mère de Dieu de Moscou, au cours d’une conférence de presse au Vatican, le 18 octobre 2005.
«Nous ne savons pas si elle aura lieu à Rome, à Moscou, ou en terrain neutre» a-t-il poursuivi. «Nos Eglise sont les plus grandes du monde chrétien et, unies, il serait plus facile d’affronter les grands défis du monde contemporain» a estimé le prélat né en Biélorussie et appelé par Jean Paul II à diriger le plus grand diocèse catholique de Russie.
Estimant qu’une telle rencontre «pourrait ouvrir une nouvelle page» dans les relations entre les orthodoxes et les catholiques, il a cependant indiqué aux journalistes qu’il n’avait pas d’informations sur une prochaine rencontre. Certains observateurs estiment cependant qu’elle pourrait être organisée à Vienne, sous l’égide du cardinal archevêque de la capitale autrichienne, Christoph Schönborn. Une telle possibilité s’était profilée il y a quelques années déjà, mais sans suite.
En juillet dernier, le patriarche Alexis II avait déclaré qu’il «n’excluait pas» la visite de Benoît XVI en Russie, «à certaines conditions et si sont résolus certains problèmes existants». L’Eglise orthodoxe russe accuse notamment l’Eglise catholique de prosélytisme.
Des accusations que Mgr Kondrusiewicz rejette. «Il faut s’entendre sur ce qu’est le prosélytisme. Si cela signifie prendre des fidèles d’une autre Eglise de façon malhonnête, ce n’est pas notre politique, ce n’est pas notre ambition», a-t-il encore déclaré le 18 octobre.
«Nous reconnaissons l’Eglise orthodoxe russe comme une autre Eglise ayant les mêmes sacrements que nous». Mais «le Concile Vatican II nous a enseigné le respect de la liberté de conscience, et si quelqu’un vient me dire qu’il veut être catholique, je ne peux pas le chasser, je dois respecter sa volonté», a défendu l’archevêque, s’appuyant sur la notion de liberté de conscience.
Amélioration
L’archevêque a aussi noté que la situation de l’Eglise catholique s’améliorait petit à petit en Russie. Les autorités accordent plus facilement des visas permanents aux religieux étrangers s’installant en Russie. La majorité du clergé catholique y est d’origine étrangère.
Il existe en Russie 220 paroisses catholiques enregistrées et environ 300 «points pastoraux» qui ne le sont pas, a par ailleurs indiqué Mgr Kondrusiewicz. Mais 25 % des paroisses déclarées n’ont pas d’église pour la célébration de la messe. «A Moscou, elles sont célébrées dans des maisons privées, à l’ambassade des Etats-Unis ou d’Allemagne» a-t-il affirmé. Il a aussi déclaré que les statistiques sur le nombre de catholiques en Russie variaient selon les sources de 600’000 à 1,5 millions de fidèles. (apic/imedia/hy/pr)
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