Votation du 27 novembre: Unanimement contre le travail dominical

Lausanne: Les Eglises chrétiennes ensemble pour dire: le dimanche, c’est sacré

Lausanne, 20 octobre 2005 (Apic) L’Eglise catholique dans le canton de Vaud et l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV) s’engagent fermement contre la modification de la loi sur le travail. Rejoignant ainsi d’autres organisations chrétiennes, eIles disent clairement «non» à l’objet principal de la votation fédérale du 27 novembre 2005.

Leur prise de position s’inspire de celle élaborée conjointement par la Conférence des évêques suisses (CES) et la Fédération des Eglises protestantes (FEPS). Pour ces dernières, libéraliser l’ouverture de magasins le dimanche ôterait à ce jour sa fonction privilégiée dans la semaine pour se reposer. Le peuple suisse a déjà été appelé plusieurs fois à se prononcer sur le travail le dimanche – sur le plan fédéral ou cantonal – et chaque fois il l’a refusé.

La porte ouverte à une libéralisation généralisée

Dans le canton de Vaud, les Eglises catholique et réformée se sentent particulièrement concernées par cette votation, les gares de Lausanne, Renens, Vevey, Montreux ayant ouvert leurs portes à divers commerces depuis le début de la décennie. Et la modification soumise au vote risque d’entraîner d’autres mesures pour libéraliser davantage le travail le dimanche. Pour les deux Eglises, cette évolution est dangereuse. Elle menace les conditions de vie et la dignité de la personne.

«Notre enracinement culturel judéo-chrétien au service de l’homme organise les activités de l’homme sur un rythme – travail/repos – autour duquel se manifestent des rites lors du jour de détente commun à tous: vie cultuelle et spirituelle, activités familiales, amicales, sportives, musicales et communautaires», écrivent les Eglises chrétiennes.

Ces activités donnent du sens à la vie sociale et bouleverser cette organisation de la société, comme l’y incite cette révision de la loi sur le travail du dimanche, «c’est laisser la vie économique dicter notre vie personnelle, spirituelle et sociale», mettent en garde les deux Eglises.

Des employés «prétendument volontaires»

Pour elles, «dire oui, c’est tendre vers moins d’humanité entre les hommes. En effet, la nouvelle loi amènera certains à travailler trois dimanche sur quatre». Les Eglises s’interrogent aussi sur l’injustice sociale de cette ouverture vers le travail tous les jours de la semaine. Car les employés – prétendument volontaires – ne le sont véritablement pas, si un refus de leur part entraîne des désavantages économiques, d’horaire ou un licenciement, notent-elles.

Ce dimanche 27 novembre, les valeurs essentielles et l’équilibre de notre société sont en jeu, affirment les Eglises, c’est pourquoi elles prennent position contre l’extension du travail dominical. JB

Cette question controversée est l’objet d’une table ronde-débat le mardi 25 octobre, 20 heures, bd de Grancy 29 à Lausanne. Elle est organisée par le Service pastoral du monde du travail de l’Eglise catholique en Suisse romande, avec le soutien d’Eglise et monde du travail de l’EERV. Elle portera sur les risques et dangers de l’extension de l’ouverture des magasins le dimanche dans les gares et aéroports. Trois orateurs prendront part à cette soirée: Yolande Boinnard, théologienne, René Knüsel, professeur de politique sociale, et Alain Berset, conseiller aux Etats fribourgeois. (apic/com/be)

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