Synode: «L’Eucharistie: Pain de vie pour le monde»

Titre du message final du Synode pour les évêques

Rome, 21 octobre 2005 (Apic) « L’Eucharistie: Pain de vie pour le monde », c’est ainsi que s’intitule le « Message du Synode des évêques au peuple de Dieu », qui sera rendu public dans la matinée du 22 octobre 2005.

Ce message a été lu aux pères synodaux dans la matinée du 21 octobre, qui en ont approuvé le contenu mais ont demandé quelques rectifications au niveau de la formulation, a rapporté le même jour à la presse le père Giorgio Constantino, attaché de presse italien du Synode.

La 20e congrégation générale pour la présentation et le vote du « Message du Synode des évêques au peuple de Dieu », à laquelle ont participé 245 pères synodaux en l’absence du pape, s’est tenue dans la matinée du 21 octobre. Les pères synodaux ont demandé quelques modifications de vocabulaire dans le message originellement en français et traduit dans les différentes langues. Présenté par la Commission responsable de sa rédaction, dirigée par le cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec, il contient 25 paragraphes sans compter la conclusion. Il reprend de façon synthétique les différents thèmes abordés durant le Synode.

Le message commence par « un salut » aux évêques, prêtres, diacres et laïcs, a expliqué le père Constantino. Il rappelle la convocation de la 11e assemblée synodale par Jean-Paul II, confirmée ensuite par Benoît XVI. Ce en vue de recevoir « des propositions pour la pastorale eucharistique » dans l’Eglise. Outre le fait de souligner l’atmosphère fraternelle de l’assemblée, le texte rapporte que la présence des Eglises orientales au Synode a fait « expérimenter de façon plus directe la richesse des traditions liturgiques de l’Eglise », selon le prêtre italien. Les pères synodaux y invitent aussi ’le peuple de Dieu’ à prier avec insistance « afin que vienne le jour de la réconciliation et de la pleine unité visible dans l’Eglise ».

Puis, les pères synodaux font part dans le message de leur reconnaissance envers les deux papes, mais aussi envers les Eglises particulières, notamment celle de Chine, dont les évêques « n’ont pu participer aux travaux » mais « ont eu une place particulière dans leurs pensées et dans les prières ». Ils saluent aussi les médias.

Le message évoque ensuite la souffrance du monde, les situations dramatiques causées par la faim, la guerre, l’injustice, le terrorisme et les foyers de violence au Proche-Orient et en Afrique. Il parle aussi du « problème de la sécularisation », surtout en occident, de l’indifférence et du relativisme. Il demande « à créer les conditions pour un progrès réel de l’entière famille humaine pour que le pain quotidien ne manque pas à personne ». Les pères synodaux manifestent ainsi qu’ils veulent se mettre à l’écoute du monde comme ils se sont écoutés les uns les autres pendant les 3 semaines de Synode. Les pères synodaux soulignent aussi le lien entre ces sujets et celui de l’Eucharistie.

Méthodologie synodale

Ils rappellent le thème central du Synode, celui « de la présence réelle » du Christ dans l’Eucharistie, insistant sur « la foi de l’Eglise dans l’Eucharistie ». Ils évoquent également le Concile Vatican II en des termes positifs, tout en dénonçant les abus liturgiques. Dans leur message, les pères synodaux se réjouissent aussi de l’augmentation des vocations dans les communautés et du témoignage de nombreux prêtres. Pour eux, l’année de l’Eucharistie est le « point de référence pour une nouvelle évangélisation ». Ils s’inquiètent cependant de la pénurie de prêtres, de la crise du sacrement de la réconciliation et de la perte du sens du péché dans la société contemporaine.

Le document s’arrête ensuite sur l’ars celebrandi et l’inculturation des célébrations ainsi que sur la pratique de « la communion spirituelle », là où manquent les prêtres. Il parle de « la joie d’être catholique » et fait un appel à une participation toujours plus active et généreuse à la messe dominicale ainsi qu’à la famille. En outre, il contient « un appel » aux divorcés-remariés.

Le Message s’adresse alors successivement aux différentes catégories de personnes, aux prêtres, religieux, jeunes, séminaristes, couples chrétiens, personnes handicapées et malades. Il parle aussi de la question oecuménique et de l’intercommunion, et s’ouvre sur la proximité des chrétiens avec les « descendants d’Abraham », particulièrement avec les juifs. Dans la conclusion du message, les pères synodaux expliquent finalement qu’ils ont « expérimenté la paix pleine d’espérance » venant du Christ ressuscité et souhaitent de même aux fidèles.

Après avoir discuté du message, les pères synodaux ont échangé sur la méthodologie synodale, a encore rapporté le père Giorgio Constantino. « Il y a eu un consensus unanime » sur la méthode qui a été adoptée, a-t-il déclaré. Les pères synodaux se sont félicités de l’introduction d’une heure de débat le soir et de la transparence des interlocuteurs durant les échanges, tout en souhaitant qu’une méthodologie plus précise leur soit donnée pour l’utilisation de cette heure libre. Certains pères synodaux souhaitent en effet qu’elle soit davantage consacrée à la discussion sur les thèmes du matin, plus qu’à la redite d’interventions déjà entendues.

Amélioration souhaitée

Les pères synodaux ont aussi souhaité améliorer le fonctionnement du Synode, regrettant par exemple que l’ordre défini par l’Instrumentum Laboris n’ait pas été respecté. Ils se sont aussi interrogés sur l’utilité de la dissertation du début du Synode, les pères synodaux ne se référant dans leur intervention qu’à l’Instrumentum Laboris. Ils ont également souligné qu’ils n’avaient pas eu assez de temps de réflexion en cercles mineurs et qu’ils n’en auraient pas beaucoup pour étudier la liste des propositions définitives avant de les voter.

Les propositions finales, travail du rapporteur général, du secrétaire spécial, des relateurs des cercles mineurs et de quelques experts, devaient pour leur part être présentées aux pères synodaux au cours de la 21e congrégation générale dans l’après-midi du 21 octobre 2005. Benoît XVI décidera ce même jour si l’Elenchus finalis propositionum sera finalement rendu public, a affirmé le porte-parole du Saint-Siège Joaquin Navarro-Valls à la presse le 21 octobre. La seule fois où ces propositions n’ont volontairement pas été tenues secrètes à la fin d’un synode remonte à 1985.

Les pères synodaux voteront chacune des 50 propositions le 22 octobre 2005 dans la matinée, par ’placet’ ou ’non placet’. Une majorité des 2/3 est requise pour la validation de ces suggestions pastorales autour de l’Eucharistie. (apic/imedia/ar/pr)

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