Une version ’non officielle’ rendue publique

Rome: Synode sur l’Eucharistie – Propositions finales

Rome, 23 octobre 2005 (Apic) Mgr Roland Minnerath, secrétaire spécial du Synode, a annoncé publiquement que les propositions finales de la 11e Assemblée générale du Synode des évêques sur l’Eucharistie seraient rendues publiques. L’archevêque de Dijon (France) est intervenu au Vatican avec trois autres pères synodaux lors de la troisième et dernière conférence de presse du Synode des évêques sur l’Eucharistie, le 22 octobre 2005.

Habituellement gardées secrètes et soumises au pape pour l’aider à réaliser son Exhortation post-synodale, une version de travail des propositions finales des pères synodaux sera publiée, pour la deuxième fois dans l’histoire de cette institution, crée en 1965 par Paul VI. C’est seulement lors du synode de 1985, à l’occasion des 20 ans de la conclusion du Concile Vatican II, que Jean Paul II avait décidé de rendre publiques ces propositions.

500 amendements ont été proposés

«Il y a eu de nombreuses nouveautés dans ce Synode, et je suis heureux de pouvoir vous annoncer la dernière nouveauté : le Saint-Père à décidé que les 50 propositions votées (par les pères synodaux, ndlr) seront mises à disposition du public dans la version italienne de travail, non officielle», a ainsi déclaré Mgr Minnerath à la presse vaticane. Le secrétaire général du Synode a affirmé qu’une version latine officielle avait été remise le matin même à Benoît XVI. Il a aussi précisé que quelque 500 amendements à cette liste de propositions avaient été proposés par les pères synodaux dans les dernières 48 heures.

A propos du ’Message au peuple de Dieu’ rendu public le 22 octobre, le cardinal Marc Ouellet, le président de la Commission pour le message, a expliqué qu’il n’était ni «un résumé» des propositions du Synode remises au pape, ni «un commentaire des questions controversées» mais un «témoignage de foi» et une «parole d’encouragement pour l’ensemble des fidèles».

L’archevêque de Québec a expliqué que la célébration de l’Eucharistie engendrait «un esprit de paix, de fraternité et de solidarité», invitant les chrétiens à «répandre cet esprit dans tous les domaines de l’activité humaine et notamment dans le monde de l’économie, de la politique et des communications».

Mgr Salvatore Fisichella, évêque auxiliaire de Rome et recteur de l’Université pontificale du Latran, a souligné «l’espérance et le courage» présents dans le message final du Synode. Le prélat italien, vice-président de la Commission pour le message, a noté que ce dernier s’ouvrait et se concluait avec le mot ’paix’. Il a enfin invité à lire ce message en y décelant les «témoignages positifs» sur l’Eucharistie sans s’arrêter seulement aux «ombres» évoquées par les pères synodaux.

Lors de la conférence de presse, les questions des journalistes ont ensuite essentiellement tourné autour des propositions finales du Synode. Interrogé sur l’accès à la communion des politiciens soutenant des lois contraires à l’enseignement de l’Eglise, Mgr Minnerath a affirmé que le Synode n’entendait pas «isoler une catégorie de citoyens» mais a souligné que tous avaient «la responsabilité d’être cohérents entre ce qu’ils font et ce à quoi ils croient». L’archevêque français a aussi expliqué qu’il revenait à l’évêque local «de discerner avec sagesse, mais aussi avec fermeté», la conduite à tenir à l’égard des politiciens, précisant qu’il s’agissait «de critères de prudence pastorale».

Le but d’un synode n’est pas d’introduire des «nouveautés»

Répondant à une question sur les changements attendus concernant l’accès à la communion des divorcées remariés, l’ordination d’hommes mariés ou l’intercommunion pour les différentes confessions chrétiennes, Mgr Roland Minnerath a affirmé que «le but d’un Synode n’est pas d’introduire des nouveautés doctrinales ou disciplinaires dans la vie de l’Eglise mais de renouveler l’approche pastorale des situations». «Ceci a été fait d’une façon très forte», a soutenu le prélat français.

Concernant en particulier la question de l’accès à la communion de divorcés remariés, l’archevêque de Dijon a évoqué des «discussions très approfondies» des pères synodaux. «Nous ne pouvons pas changer les règles» a encore lancé le prélat, affirmant pourtant que la nouveauté se trouvait dans le «renouvellement de l’attitude avec laquelle le problème est étudié». «Aujourd’hui est en cours toute une pastorale pour les divorcés remariés, très affinée, qui permet de leur faire comprendre que, privés de l’Eucharistie, ils ne sont pas privés de leur appartenance à l’Eglise, de la prière, de la participation à la messe».

On ne change pas les Evangiles

Le cardinal Marc Ouellet, a noté que «ce thème était parmi les plus délicats» mais qu’il s’agissait en même temps de «maintenir un équilibre avec la doctrine de l’Eglise liée au commandement du Seigneur dans l’Evangile de Matthieu au chapitre 19» (l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. (.) ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas, ndlr). L’Eglise, a noté le cardinal, exprime «sa compassion et sa tendresse» vis-à-vis des divorces remariés, mais «n’est pas libre de changer l’Evangile». Intervenant brièvement, le cardinal George Pell, archevêque de Sydney (Australie), a expliqué que, vu du monde anglophone, ce synode avait fait évoluer positivement la vision de l’adoration eucharistique et du célibat des prêtres.

Enfin, interrogé sur la tenue d’un synode avec les orthodoxes, Mgr Salvatore Fisichella a affirmé que le dialogue théologique avec les orthodoxes reprendrait «très bientôt» dans le cadre de la commission mixte, expliquant qu’il s’agissait d’un «premier pas». L’évêque auxiliaire de Rome a aussi estimé qu’il faudrait avant tout en «étudier les contenus», et qu’il s’agissait d’un «horizon». (apic/imdia/ami/vb)

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