Le Vatican prêt au dialogue

Rome: Le Saint-Siège prêt à rompre avec Taiwan pour instaurer des relations avec la Chine

Rome, 26 octobre 2005 (Apic) Le Saint-Siège est prêt à rompre avec Taiwan pour instaurer des relations diplomatiques avec la Chine, a déclaré le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Angelo Sodano.

« Si nous pouvons avoir des contacts avec Pékin, alors, pas demain mais dès ce soir, le nonce, où plutôt le chargé d’affaires qui est à Taiwan, va à Pékin », a déclaré à la presse le cardinal Angelo Sodano dans la soirée du 25 octobre 2005, en marge de l’inauguration, à Rome, du centre de congrès de l’Université pontificale Grégorienne.

« Le Saint-Siège ne peut être traité plus mal que les autres Etats », a- t-il encore affirmé, expliquant que « lorsque les autres Etats terminaient (leurs relations, ndlr) avec Taiwan, ils allaient aussitôt à Pékin ». « C’est là qu’il y avait la nonciature, dans le passé. Le cardinal Caprio, décédé la semaine dernière, fut un ceux qui furent chassés de la nonciature », a rappelé le cardinal Sodano. « Si possible, nous espérons revenir au siège original (de la nonciature, ndlr) à Pékin », a-t-il ajouté.

A la question de savoir si des « tractations » avaient lieu entre le Rome et Pékin, le ’numéro deux’ du Saint-Siège a affirmé que le mot était « excessif », confiant pourtant l’existence de « conversations » et de « contacts ». Il a aussi expliqué que ces contacts étaient possibles car « des hommes d’Eglise vont en Chine » et « des représentants du gouvernement chinois sont présents dans le monde, comme des ambassadeurs, des hommes de culture ou d’affaires ».

L’histoire avance

« Le Saint-Siège a toujours dit qu’il est prêt au dialogue, à avoir des contacts et à expliquer sa tradition, mais nous devons toujours insister sur le concept que l’Eglise est ’une’ dans le monde entier, dans toutes les cultures et tous les pays, et que les gouvernements civils n’ont pas le droit de dire aux hommes et aux femmes comment ils doivent vivre leur foi », a expliqué le secrétaire d’Etat du Saint-Siège. Avant d’ajouter que « le droit de chaque homme à la liberté religieuse est inscrit dans la déclaration universelle des droits de l’homme, inscrit dans l’histoire même du peuple chinois qui aime tant la liberté ». « Ainsi, nous espérons que le soleil de la liberté se lèvera aussi sur ce grand pays », a encore souhaité le cardinal Sodano.

« Les évêques du monde entier, réunis pour le Synode, ont tous été déçus de ne pas voir leurs confrères de la Chine invités par le pape », a regretté le cardinal secrétaire d’Etat à propos des quatre évêques chinois récemment empêchés de se rendre à Rome par les autorités de Pékin. « Nous espérons que les tensions du moment cesseront ». « Nous espérons qu’ils pourront prochainement prendre la route pour Rome et nous embrasser fraternellement », a confié le cardinal italien avant de préciser que « l’histoire avance » et de se dire convaincu que « ces difficultés seront bientôt dépassées ».

L’établissement de relations diplomatiques entre la République de Chine et le Saint-Siège remonte au 2 juin 1942. Après la prise du pouvoir par les communistes sur le continent, en 1949, la République de Chine s’est repliée à Taiwan. Ainsi, la nonciature s’est retirée à Nankin puis à Hongkong, avant d’arriver finalement à Taipei. Le Saint-Siège n’est actuellement représenté que par un chargé d’affaire à Taipei, tandis qu’à Rome se trouve une ambassade dite « de Chine auprès du Saint-Siège », qui est en réalité la représentation de Taiwan.

La République populaire de Chine – Pékin – ne reconnaît pas le gouvernement de Taiwan, ni les quelques relations diplomatiques que Taipei entretient aujourd’hui, principalement avec des « petits pays », dont le Vatican. Le gouvernement chinois demande au Saint-Siège de rompre ses « soi- disant » relations avec Taipei pour l’installation de la nonciature à Pékin. (apic/imedia/ami/pr)

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