« Rien de nouveau » dans la position du Vatican, estime-t-il
Rome, 26 octobre 2005 (Apic) « Rien de nouveau », a estimé l’ambassadeur de Taiwan auprès du Saint-Siège, répondant ainsi aux déclarations du cardinal Angelo Sodano, qui a affirmé mardi soir que le Saint-Siège était prêt à rompre avec Taiwan pour instaurer des relations diplomatiques avec la Chine. L’ambassadeur estimant de plus que le retour de la liberté religieuse en Chine populaire n’était « pas pour demain, ni après-demain.
Chou-Seng Tou, ambassadeur de Taiwan auprès du Saint-Siège, a en effet confié mercredi à I.Media, partenaire de l’Apic à Rome, que le retour de la liberté religieuse en Chine et, par conséquent, le rétablissement officiel de relations diplomatiques de Rome avec Pékin était encore loin.
Le représentant de Taipei a ainsi affirmé qu’il n’y avait « rien de nouveau » dans les propos tenus la veille par le secrétaire d’Etat du Saint- Siège, le cardinal Angelo Sodano, selon lequel Rome était prêt à rompre avec Taiwan pour instaurer des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine (Pékin).
« Tout le monde sait que le Vatican souhaite établir des relations avec la Chine le plus tôt possible », a expliqué à l’ambassadeur de Taiwan, rappelant que le cardinal Sodano avait demandé au préalable le respect de la liberté religieuse dans le pays. « Ce ne sera pas le cas demain, ni après- demain » a lancé Chou-Seng Tou, soulignant qu’il souhaitait pourtant que ses « compatriotes » de Chine « puissent jouir un jour de la même liberté qu’à Taiwan ».
Un goût de déjà entendu
« Si vous comparez avec l’explication de la position du Saint-Siège, qui date de 1999 », a encore soutenu le diplomate, le cardinal Sodano « a pratiquement prononcé la même chose ». « Pour moi, rien de nouveau », a ajouté le diplomate taiwanais.
Le 11 février 1999, à l’occasion d’une réception pour l’anniversaire des accords du Latran, le cardinal Sodano avait effectivement déclaré que le Saint-Siège était prêt à transférer sa nonciature de Taipei à Pékin « pas demain mais ce soir-même, si les autorités chinoises le permettent ».
A la question de savoir s’il allait réagir auprès du Saint-Siège, le diplomate a malgré tout précisé qu’il allait demander au secrétaire d’Etat une « clarification de sa déclaration ».
L’ambassadeur Chou-Seng Tou a encore estimé que « le vrai obstacle » au rétablissement des relations entre la République de Chine populaire et le Saint-Siège demeurait « dans les décisions qui sont dans les mains de Pékin ». « Pékin peut-elle respecter le droit fondamental des tous les chinois? », s’est alors interrogé le diplomate. « Peut-elle accepter que l’Eglise locale soit une partie de l’Eglise universelle et respecter le pouvoir du pape de nommer les évêques ? », a-t-il encore demandé.
Dans la soirée du 25 octobre 2005, en marge de l’inauguration du centre de congrès de l’Université pontificale Grégorienne de Rome, le secrétaire d’Etat du Saint-Siège avait déclaré que Rome était prêt à rompre avec Taiwan pour instaurer des relations diplomatiques avec la Chine. « Si nous pouvons avoir des contacts avec Pékin, alors, pas demain mais dès ce soir, le nonce, où plutôt le chargé d’affaires qui est à Taiwan, va à Pékin », avait déclaré à la presse le cardinal Angelo Sodano.
A la question de savoir si des « tractations » avaient lieu entre le Rome et Pékin, le ’numéro deux’ du Saint-Siège avait aussi affirmé que le mot était « excessif », confiant pourtant l’existence de « conversations » et de « contacts ». Il avait cependant noté que « les gouvernements civils n’ont pas le droit de dire aux hommes et aux femmes comment ils doivent vivre leur foi », ajoutant que « le droit de chaque homme à la liberté religieuse est inscrit dans la déclaration universelle des droits de l’homme, inscrit dans l’histoire même du peuple chinois qui aime tant la liberté ». (apic/imedia/ami/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse