Moscou: Mgr Lajolo dresse les obstacles des relations entre catholique et orthodoxe russe

« Une douloureuse incapacité à élaborer un langage commun »

Rome, 27 octobre 2005 (Apic) C’est « une douloureuse incapacité à élaborer un langage commun » qui marque les relations entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe russe, a estimé Mgr Giovanni Lajolo, secrétaire du Saint- Siège pour les relations avec les Etats, arrivé à Moscou le 26 octobre 2005.

A la veille de son départ pour un premier voyage officiel en Russie, le « ministre des Affaires étrangères du Saint-Siège » a accordé une interview à deux médias russes, dont le texte a été diffusé le 27 octobre par la Salle de presse du Saint-Siège.

Mgr Giovanni Lajolo a confié à l’agence Blagovest-info que « les difficultés réciproques » qui existent entre l’Eglise orthodoxe russe et l’Eglise catholique étaient « surtout une douloureuse incapacité à élaborer un langage commun pour affronter l’examen et la recherche de solutions aux divergences ». « On ne peut pas ne pas signaler, par exemple, une différence dans la manière d’évaluer le droit de la personne à effectuer son propre choix confessionnel », a illustré le haut diplomate du Saint-Siège, sans faire mention des accusations de prosélytisme faites aux catholiques par le patriarcat orthodoxe de Moscou. Mgr Lajolo s’est déclaré « convaincu qu’il n’y a pas de problèmes insolubles, si seulement on se laisse guider par l’Evangile ».

Le ’ministre des Affaires étrangères’ du Saint-Siège a soutenu que « l’Eglise catholique en Russie, avec la représentation pontificale à Moscou, est prête depuis toujours, à examiner avec l’Eglise orthodoxe les motifs et les prétextes des différences, parfois des malentendus, pour chercher à les résoudre ».

« Le Saint-Siège ne réclame pas de privilèges en faveur de l’Eglise catholique, mais elle demande, partout, le respect du droit à la liberté de religion (.) et la reconnaissance de la même dignité et de la même liberté pour l’Eglise catholique et ses membres que pour les autres confessions chrétiennes et les autres religions », a encore précisé le diplomate du Vatican.

But de la visite

« Le but principal de ma visite est de mieux approfondir la connaissance sur la position et le jugement du gouvernement russe sur différents problèmes d’ordre international, tout comme de faire connaître le point de vue du Saint-Siège », a par ailleurs affirmé Mgr Giovanni Lajolo au quotidien catholique « Svet Evangelja ».

C’est le 7 juin 2005, lors de sa visite au Vatican, que le ministre russe des Affaires étrangères, Serghei Lavrov, avait invité son homologue du Saint-Siège à se rendre à Moscou. Le Vatican avait alors expliqué que la visite de Sergei Lavrov avait « permis de relever les rapports cordiaux existants et la possibilité de les développer ultérieurement ».

Ainsi, concernant les relations diplomatiques bilatérales, Mgr Lajolo a affirmé dans son entretien au quotidien russe que « le statut actuel des représentations réciproques à Moscou et au Vatican ne correspond pas au poids que le Saint-Siège attribue à ses rapports avec le gouvernement moscovite, ni à la position que le Saint-Siège (.) a dans le monde ». « Je crois, a-t-il ajouté, que les deux parties travaillent pour passer à de pleins rapports diplomatiques ».

Le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats a encore jugé que les catholiques russes étaient « un ’petit troupeau’, russe à plein titre, avec, derrière lui, une histoire séculaire marquée par des épreuves douloureuses ». Ainsi, a reconnu le diplomate, « sans vouloir en aucun cas modifier le poids du nombre et dans la reconnaissance du rôle de l’Eglise orthodoxe dans l’histoire de la nation russe, on ne peut transiger sur le principe d’une ’même dignité’ et d’une ’même liberté’ ». Mgr Lajolo a prévenu que ceci ne « signifie en aucun cas une diminution de la position prééminente de l’Eglise orthodoxe en Russie ».

Enfin, à propos d’une éventuelle visite de Benoît XVI en Russie, Mgr Lajolo a confié à l’agence Blagovest-info qu’elle constituerait « un évènement oecuménique significatif et important » qui devrait, cependant, « être préparé avec grand soin ».

Calendrier chargé

Le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, Mgr Giovanni Lajolo, accompagné du père Julio Murat de la Secrétairerie d’Etat au Vatican, est arrivé à Moscou dans l’après-midi du 26 octobre 2005 pour sa première visite officielle dans le pays. Le 27 octobre, il devait rencontrer les évêques catholiques à la nonciature puis, dans l’après-midi, le président de la commission des Affaires étrangères de la chambre basse du parlement, la Douma.

Le 28 octobre, dans la matinée, Mgr Lajolo s’entretiendra avec le ministre russe des Affaires étrangères, Serghei Lavrov. Dans l’après-midi, il rencontrera le métropolite Kirill, responsable des relations extérieures du patriarcat orthodoxe de Moscou. Le 29 octobre, enfin, le diplomate du Saint-Siège effectuera une visite au Kremlin puis présidera une messe dans la cathédrale catholique de l’Immaculée conception, à Moscou.

Dans le même temps, c’est ce 28 octobre 2005 que Nikolay Sadchikov, nouveau représentant de la Fédération de Russie près le Saint-Siège, sera reçu au Vatican par Benoît XVI, à qui il viendra présenter ses lettres de créance. (apic/imedia/ami/pr)

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