Rome: Message du pape pour la Journée mondiale des migrants et des itinérants
Rome, 28 octobre 2005 (Apic) Le pape Benoît XVI a dénoncé vendredi le trafic des êtres humains dans le contexte de la mondialisation économique, dans un message publié à l’occasion de la « journée mondiale des migrants et des intinérants » célébrée par l’Eglise catholique. Le pape a appelé les catholiques à accorder une attention particulière aux femmes immigrées, les plus vulnérables à l’exploitation économique et au trafic des êtres humains.
Benoît XVI a en effet demandé à l’Eglise catholique de se pencher particulièrement sur les migrations féminines, les demandeurs d’asile et les étudiants étrangers accueillis dans les universités occidentales, dans son message – en italien, français, anglais et espagnol – pour la 92e Journée mondiale des migrants et des réfugiés, daté du 18 octobre 2005 et publié le 28 octobre. La Journée mondiale des migrants et des itinérants sera célébrée le 15 janvier 2006 sur le thème « migrations: signe des temps ».
Les migrations sont « un phénomène qui a pris au cours du siècle qui vient de se conclure une forme pour ainsi dire structurelle, devenant une caractéristique importante du marché du travail au niveau mondial », a estimé Benoît XVI, soulignant l’importance du phénomène de la mondialisation. Le pape a insisté sur « la plaie du trafic des êtres humains », sans oublier « la catégorie des étudiants étrangers, dont le nombre s’accroît chaque année dans le monde ».
Benoît XVI a alors souligné la « récente ’féminisation’ » du phénomène migratoire pour des raisons économiques. « Si les travailleurs migrants sont particulièrement vulnérables, parmi eux, les femmes le sont encore davantage » a aussi déclaré Benoît XVI. Soulignant que femmes immigrées travaillent avant tout comme domestiques, assistant les personnes âgées et les malades, le pape a expliqué qu’il s’agissait de domaines dans « lesquels les chrétiens sont appelés à manifester leur engagement pour que les femmes migrantes soient traitées de façon juste, afin que leur condition de femme soit respectée et pour que l’égalité de leurs droits soit reconnue ».
Trafic d’êtres humains
Dans ce contexte, le pape a dénoncé le trafic d’êtres humains et surtout des femmes. « Il devient facile pour le trafiquant d’offrir des « services » aux victimes qui souvent n’ont pas le moindre soupçon de ce qu’elles devront ensuite affronter », a-t-il déclaré, dénonçant l’esclavage et l’industrie du sexe. « Il existe ici tout un programme de rédemption et de libération, auquel les chrétiens ne peuvent se soustraire ».
Abordant le cas des demandeurs d’asile, le pape a ensuite déploré « qu’en général, on s’arrête sur le problème soulevé par leur entrée, mais on ne s’interroge pas non plus sur les raisons qui les poussent à fuir leur pays d’origine ». « Espérance, courage, amour et également ’imagination de la charité’ (selon les paroles de Jean-Paul II dans la lettre apostolique Novo millennio ineunte, ndlr) doivent inspirer l’engagement humain et chrétien nécessaire pour venir en aide de ces frères et soeurs qui souffrent », a-t-il estimé.
Le pape a alors appelé « leurs Eglises d’origine » à manifester « leur sollicitude à travers l’envoi d’agents pastoraux de leur propre langue et de leur propre culture, dans un dialogue de charité avec les Eglises particulières d’accueil ».
Enfin, Benoît XVI s’est penché sur le phénomène des étudiants étrangers, notamment en Europe. Il a souligné que « leur nombre enregistrait une croissance constante, entraînant aussi des problèmes pastoraux, que l’Eglise ne peut négliger ». « Cela vaut en particulier pour les étudiants provenant des pays en voie de développement, pour lesquels l’expérience universitaire peut constituer une occasion extraordinaire d’enrichissement spirituel », a constaté Benoît XVI.
Les carences des programmes alimentaires dans les camps de réfugiés
Lors de la conférence de presse de présentation du document au Vatican, le 28 octobre 2005, Mgr Agostino Marchetto, secrétaire du Conseil pontifical pour les migrants et les itinérants, a dénoncé les « carences injustifiables » dans les domaines de la gestion des migrants et des réfugiés. « Je n’en site qu’un, parmi les plus importants, le programme alimentaire dans les camps de réfugiés, qui est depuis longtemps dramatiquement sous-financé ». Ceci a pour conséquence « le sous- développement des enfants d’un âge fragile » et surtout porte le risque d’intensifier le commerce « du sexe pour de la nourriture » a-t-il estimé. (apic/imedia/hy/pr)
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