«Reporters sans frontières» exprime sa colère
Kinshasa, 7 novembre 2005 (Apic) Reporters sans frontières exprime sa révolte après l’assassinat, dans la nuit du 2 au 3 novembre 2005 à Kinshasa, de Franck Kangundu, alias Ngyke, journaliste du quotidien indépendant La Référence Plus, et de son épouse, Hélène Mpaka.
Ce crime est le dernier en date d’une série d’assassinats ou de tentatives d’assassinats politiques cette année, déplore l’ONG. Reporters sans frontières poursuit: «Manifestement, les journalistes sont les cibles privilégiées d’une industrie du crime qui prospère en toute impunité, à Kinshasa comme à Lubumbashi ou à Bukavu. Il est urgent que les Nations Unies interviennent pour libérer les journalistes indépendants congolais du dilemme dans lequel ils baignent: le silence ou la prison et la mort».
Dans une lettre adressée à William Lacy Swing, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC et chef de la Mission des Nations unies au Congo (MONUC), l’organisation exhorte la mission des Nations unies à intervenir. Afin qu’elle exige du président Joseph Kabila que " justice soit rendue à ce journaliste assassiné «.
Par ailleurs, Reporters sans frontières rappelle à William Lacy Swing qu’aucune enquête sérieuse n’a été menée sur la tentative d’assassinat, par des hommes en uniforme, de Jean Ngandu, journaliste de Radio Okapi, le 28 mai à Lubumbashi (province du Katanga, Sud), ni sur l’assassinat du militant des droits de l’homme Pascal Kabungulu Kibembi, le 1er août à Bukavu (Sud-Kivu, Est). L’organisation lui rappelle enfin que Jean-Marie Kanku, éditeur et directeur du trihebdomadaire privé L’Alerte, est détenu depuis une semaine dans les locaux de l’Agence nationale de renseignements (ANR), en violation de toutes les règles de procédure.
Chef du service politique d’un important quotidien de Kinshasa
Le dernier journaliste en date assassiné, Franck Kangundu, et son épouse, sont arrivés en voiture devant leur domicile d’un quartier de l’est de Kinshasa, le 3 novembre à 1 heure du matin.
Lorsque le journaliste est sorti de son véhicule pour ouvrir le portail de sa maison, il a été abordé par quatre hommes cagoulés et armés, vêtus en civil, qui attendaient le couple dans la rue, selon des témoins oculaires. Franck Kangundu a tenté de négocier avec eux, en leur proposant de les emmener en voiture pour leur offrir de l’argent, mais les quatre hommes lui ont annoncé qu’ils avaient été envoyés pour le tuer. Le couple a alors été abattu par balles, sous les yeux de plusieurs voisins. L’un d’eux, un jeune homme d’une vingtaine d’années, a été grièvement blessé et hospitalisé.
Franck Kangundu était chef du service politique de La Référence Plus, l’un des plus importants quotidiens kinois, connu pour sa couverture sobre de l’information. Le mobile de ces deux assassinats n’est pas encore connu. Selon un ami du journaliste interrogé par Reporters sans frontières, celui-ci avait effectué dernièrement une enquête sur une sucrerie de la province du Bas-Congo, qui aurait donné lieu à plusieurs limogeages. Par ailleurs, il avait été récemment envoyé pour couvrir les meetings du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) du président Joseph Kabila, notamment dans la province du Bandundu. Franck Kangundu était âgé de 52 ans. Marié avec Hélène Mpaka, 41 ans, il était le père de cinq enfants. (apic/allafrica/vb)
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