Le chemin entre catholiques et luthériens sera encore difficile

Rome: OEcuménisme: Benoît XVI demande un dialogue patient

Rome, 7 novembre 2005 (Apic) Benoît XVI, recevant lundi en audience le président de la Fédération luthérienne mondiale, s’est réjoui du dialogue intense entre l’Eglise catholique et la Fédération luthérienne mondiale. Il a toutefois souligné que des «différences» demeuraient, notamment sur la question de la «Doctrine de la justification».

Le pape a estimé que le chemin oecuménique entre les deux institutions continuerait «à rencontrer des difficultés» et demanderait un dialogue patient. Le pape s’adressait au président de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), l’évêque Mark Hanson, qu’il recevait en audience avec sa délégation, le 7 novembre 2005.

Soulignant que depuis de nombreuses années, l’Eglise catholique et la FLM ont noué des contacts forts et ont pris part à «un dialogue oecuménique intense», le pape a affirmé que leur échange d’idées avait été «très productif et prometteur». Il a ainsi cité leur Déclaration Conjointe sur la Justification, une «étape significative» vers l’unité recherchée entre les deux confessions.

Cependant, Benoît XVI a fait remarquer qu’afin de construire sur le document signé à Augsbourg le 31 octobre 1999, – «une réalisation importante»-, il fallait accepter que des différences relatives à la question centrale de la justification demeurent. Pour le souverain pontife, ces différences «doivent être abordées, ensemble avec les façons dont la grâce de Dieu est communiquée dans et à travers l’Eglise».

«J’espère que le futur progrès de notre dialogue sur ces points ne sera pas uniquement placé dans un contexte de questions ’institutionnelles’», a alors souhaité Benoît XVI. Il a demandé à ce qu’il prenne en compte la vraie source de tout ministère dans l’Eglise. Pour lui en effet, «la mission de l’Eglise est de ’témoigner’ de la vérité de Jésus Christ, la Parole faite chair». «La Parole et le témoignage vont ensemble», a insisté le pape.

Publication prochaine d’un document «sur l’Apostolicité de l’Eglise»

Benoît XVI a également souligné que la Commission luthérienne catholique-romaine internationale sur l’Unité allait bientôt clore sa 4e phase de dialogue et publier ses conclusions dans un document «sur l’Apostolicité de l’Eglise».

«Nous sommes tous conscients que notre dialogue fraternel est mis au défi non seulement par le besoin de vérifier la réception dans nos communions respectives et les formulations partagées sur la doctrine, a-t-il alors expliqué, mais encore plus aujourd’hui par le climat général d’incertitude concernant les vérités et les principes éthiques chrétiens, qui étaient autrefois incontestables». Et d’ajouter que «ce patrimoine commun est détruit dans certains cas par une nouvelle approche herméneutique (l’interprétation des textes, ndlr)».

Le pape a estimé que le chemin oecuménique commun entre catholiques et luthériens continuera à rencontrer des difficultés et demandera un dialogue patient. Il s’est cependant senti fortement encouragé par la «solide tradition d’études et d’échanges sérieux caractérisant les relations catholico-luthériennes».

500e anniversaire de la Réforme protestante

«Alors que nous nous préparons à marquer le 500e anniversaire des événements de 1517, (la Réforme protestante, ndlr), nous devrions intensifier nos efforts pour comprendre plus profondément ce que nous avons en commun et ce qui nous divise, comme les dons que nous avons à nous offrir respectivement», a conclu Benoît XVI.

Lors de son audience à Cologne aux représentants des différentes confessions chrétiennes d’Allemagne, le 19 août 2005, Benoît XVI avait rappelé son engagement en faveur de l’oecuménisme. Le pape avait souligné la nécessité que les chrétiens réfléchissent aux questions du ministère consacré qui les divisent, mais aussi sur leurs prises de position éthiques. En effet, l’Eglise catholique et les différentes Eglises protestantes ne partagent pas toujours une approche commune des questions bioéthiques, par exemple.

«Depuis le début de votre élection, vous avez souligné que le service à l’unité de l’entière Eglise chrétienne serait une de vos priorités. Nous voudrions exprimer notre appréciation la plus sincère pour votre fort engagement exprimé dans ce domaine», a pour sa part déclaré Mark Hanson au pape, durant l’audience du 7 novembre.

Dans son discours, l’évêque luthérien a aussi évoqué les défis éthiques et sociaux que les chrétiens doivent affronter ensemble aujourd’hui. Concernant le prochain document sur l’apostolicité, Mark Hanson a expliqué que s’il démontrait les différences entre les traditions chrétiennes dans ce domaine, le texte manifestait aussi la richesse de la foi apostolique partagée. Il a enfin souligné que cette année marquait le 40e anniversaire de la publication de documents du Concile Vatican II, préparant la route à différents dialogues bilatéraux. AR/JB

Encadré

Une Commission mixte d’étude née du Concile Vatican II

La Commission mixte d’étude luthérienne-catholique est née suite au Concile Vatican II, en 1967. Sous la houlette de la Fédération Luthérienne Mondiale et du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, cette Commission a publié des rapports intitulés «L’Eucharistie» en 1978, «Chemins pour la communauté» en 1980, «Le Ministère dans l’Eglise» en 1981 et «Face à l’Unité» en 1984. Le document conjoint sur «L’apostolicité de l’Eglise et la succession apostolique» devrait être publié en 2006. La rencontre de représentants de la FLM avec Benoît XVI s’est tenue dans le cadre du rendez-vous annuel de cette institution avec le Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, qui a lieu cette année les 7 et 8 novembre 2005. (apic/imedia/ar/be)

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