Rome: L’archevêque d’Alger veut mieux faire connaître Charles de Foucauld aux Algériens
Rome, 10 novembre 2005 (Apic) L’archevêque d’Alger, Mgr Henri Teissier, estime que la béatification de Charles de Foucauld (1858-1916) sera positive pour l’Algérie. Même s’il anticipe quelques réactions critiques envers cet explorateur et trappiste, vénéré des Touaregs, et également ancien officier français.
« Nous espérons que la béatification nous permettra de mieux faire connaître le message de Charles de Foucauld en Algérie », a déclaré Mgr Teissier. C’est ce qu’il a confié à I.MEDIA, partenaire de l’Apic à Rome, quelques jours avant la béatification du ’petit frère universel’, au Vatican le 13 novembre 2005
« Nous allons faire à Alger une présentation de son message, les 1er et 2 décembre 2005 », a précisé le prélat, rappelant que le 1er décembre sera la date anniversaire de la mort du père de Foucauld. « Par conséquent, nous chercherons ainsi à recevoir le message qui aura été donné lors de la béatification, et à le faire connaître » en Algérie.
Concernant la béatification, « il y aura certainement des critiques qui viendront du fait que le père de Foucauld avait gardé des liens avec les officiers français au Sahara », a déclaré l’archevêque français. Mais il a précisé que frère Charles de Jésus n’aurait « pas pu vivre » à l’époque qui était la sienne « dans un endroit comme Beni Abbès et à plus forte raison à Tamanrasset ou à l’Assekrem, s’il n’avait pas eu l’accord de l’armée française ». Et d’expliquer que les données relatives à la colonisation étaient différentes qu’actuellement, ce qui n’est pas toujours compris.
Un message de fraternité universelle
Quoiqu’il en soit, « le père de Foucauld a diffusé ce message de fraternité universelle », dit Mgr Teissier, qui a rappelé « qu’un Algérien, le professeur Ali Merad, avait publié en 1975 un livre intitulé Charles de Foucauld au regard de l’Islam, et qu’il serait souhaitable que quelqu’un reprenne ce travail et le diffuse à nouveau ». Ali Merad, un universitaire musulman, évoque dans son ouvrage la vie saharienne du Père de Foucauld et sa rencontre avec l’Islam, ouvrant ainsi la porte au dialogue interreligieux.
« Les Algériens sont d’abord sensibles aux travaux qu’il a faits sur le plan scientifique, a encore rapporté Mgr Teissier, comme son dictionnaire français-touareg ou bien le recueil de poèmes touaregs qu’il a rassemblés entre les années 1910 et 1916 ». Il a aussi estimé que « sur un plan économique, l’Algérie sera intéressée par ce mouvement des pèlerins qui va s’élargir dans le désert ».
« Nous avons constitué une petite délégation qui va assister à la cérémonie de béatification. Elle est composée non seulement de chrétiens, à la tête desquels sera l’évêque du Sahara, le père Claude Rouault, mais aussi d’amis algériens de l’Eglise, en particulier d’amis de Beni Abbès et surtout de Tamanrasset », a par ailleurs confié l’archevêque d’Alger. Et d’espérer « qu’à travers ces amis, le message du père de Foucauld sera connu au-delà de la communauté chrétienne », notamment grâce à la présence à Rome le 13 novembre de responsables d’agences touristiques algériennes. (apic/imedia/ar/vb)
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