Rome: Le président Talabani se veut rassurant sur la Constitution et le respect des religions
Rome, 11 novembre 2005 (Apic) Au terme de sa visite jeudi au Vatican et de son audience avec le pape Benoît XVI, le président irakien Jalal Talabani s’est voulu rassurant sur la Constitution irakienne et le respect supposé de cette dernière pour les religions. Une assurance que ne partage pas Mgr Louis Sako, évêque chaldéen de Kirkuk, interrogé peu après cette visite.
La constitution irakienne considère que tous les Irakiens sont égaux et respecte toutes les religions, a indiqué Talabani. «J’ai expliqué au pape que la constitution de l’Irak considère tous les Irakiens égaux et respecte toutes les religions, dont le christianisme», a-t-il affirmé devant la presse.
Le président irakien avait été reçu en audience dans la matinée par Benoît XVI et venait de déjeuner avec les évêques chaldéens, réunis à Rome pour un synode spécial. Ses propos ont d’ailleurs été remis en cause un peu plus tard par les déclarations de l’évêque de Kirkuk, Mgr Louis Sako.
«Nous avons eu l’honneur de rencontrer le pape, nous sommes vraiment très heureux de cette rencontre», a confié Jalal Talabani à la presse en anglais. Il s’est félicité de l’attitude de Benoît XVI qui «prie pour la paix et la sécurité» dans son pays. Il s’est aussi montré satisfait de ses rencontres avec d’autres officiels au Vatican ainsi qu’avec les évêques chaldéens, présents lors de la conférence de presse qu’il tenait sur le lieu de leur synode.
Jalal Talabani a aussi signalé que Benoît XVI avait posé «des questions au sujet des élections» et qu’il avait été «satisfait des réponses» qu’il lui avait données. Le pape a même «dit qu’il considérait la constitution comme progressiste, comme une bonne constitution».
Interrogé sur le respect des minorités religieuses en Irak, le président irakien a répondu «oui, j’ai expliqué au pape que la constitution irakienne considère tous les Irakiens égaux et respecte toutes les religions, dont le christianisme bien sûr». Benoît XVI «a posé des questions sur la charia (la loi islamique, ndlr), les lois de l’Irak, je lui ai expliqué ce qui a été décidé, il a été satisfait», a-t-il conclu.
Langage diplomatique déformant
Pourtant, Mgr Louis Sako, évêque chaldéen de Kirkuk, interrogé par la presse après le départ du président, a affirmé à ce sujet que le président avait «une façon de parler diplomatique». «Qui peut donner l’assurance ?» que les droits des minorités religieuses vont être respectés? s’est-il demandé. Interrogé pour savoir si le président actuel a été réellement élu par le peuple irakien ou plutôt désigné par les soldats américains, l’évêque chaldéen a répondu «maintenant en Irak, tout est fait avec des compromis. Nous ne pouvons pas parler d’élection. Mais plutôt de sélection».
Pour lui, les problèmes liés à la constitution, dont la source principale est l’Islam, «sont très graves». «Il est très dangereux de dire que tout doit être compatible avec la loi musulmane», a encore affirmé Mgr Sako. Car il y a d’autres religions en Irak qui ont d’autres lois». «Comment concilier tout cela avec un Islam du 6e siècle ?», s’est-il encore demandé. Car, «par exemple, il est dit que la femme n’est pas égale à l’homme, on ne peut pas vendre de l’alcool et encore d’autres choses», a regretté l’évêque.
Aussi, «une loi islamique est contraire à la démocratie», a estimé l’évêque chaldéen. Et d’affirmer que, comme «ce sont des choses contradictoires, il faut choisir «soit la démocratie, soit l’Islam». (apic/imedia/ar/pr)
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