Rome: Le postulateur de Charles de Foucauld espère parvenir bientôt à la canonisation

Apic interview

« Il n’y a qu’une humanité, il n’y a aucune frontière »

Ariane Rollier, correspondante de l’Apic à Rome

Rome, 11 novembre 2005 (Apic) Postulateur de la cause de Charles de Foucauld depuis 1990, le Père Maurice Bouvier se réjouit de la béatification du ’petit frère universel’ le 13 novembre 2005 au Vatican.

Il espère aussi parvenir rapidement à la canonisation de l’ermite du Hoggar, mort en 1916, a-t-il confié à l’agence I.MEDIA, partenaire de l’Apic à Rome.

Apic: Monseigneur, quel est votre sentiment face à la béatification de Charles de Foucauld qui approche finalement ?

Père Maurice Bouvier: Une chose importante pour moi est de souligner que le retard de six mois (Charles de Foucauld devait être initialement béatifié en mai 2005, mais la mort de Jean Paul II a modifié le calendrier des célébrations, ndlr) m’a finalement permis de découvrir que le cardinal Ratzinger, dans son livre Le Dieu de Jésus Christ, soulignait déjà l’importance de Charles de Foucauld pour l’Eglise.

En ce sens où Foucauld a découvert Jésus de Nazareth à un moment où certains mettaient en cause l’historicité des Evangiles. Donc, l’appui qu’il a apporté à la recherche sur l’historicité des Evangiles et en même temps à la prise de conscience que Jésus est sauveur dès le moment de son incarnation, est très important. Charles de Foucauld a aussi contribué à rendre possible tous les efforts d’Eglise pour le dialogue interreligieux, y compris la prière à Assise, parce qu’il a contribué à faire prendre conscience que l’humanité est un seul corps, qu’il n’y a qu’une humanité, qu’il n’y a aucune frontière. Cette fraternité universelle est pour tous les hommes. Et d’une certaine façon, l’Eglise continue son oeuvre et est habilitée à proposer cette voie du salut à toute l’humanité.

Apic: Espérez-vous aboutir rapidement à sa canonisation ?

M.B: J’espère arriver assez rapidement à la canonisation afin qu’il puisse être vénéré dans toute l’Eglise. Mais je n’ai aucune piste de miracle, d’autant plus que, s’il y a canonisation, il faut qu’elle s’appuie sur un miracle obtenu après la béatification; donc il est encore trop tôt pour avoir un miracle. Telle est la règle fixée par la sagesse de l’Eglise. Il faut qu’il y ait un miracle après la béatification et non pas avant, car la béatification est une étape, après quoi il faut de nouveau demander au Seigneur de confirmer notre désir de porter à la vénération de toute l’Eglise le nouveau bienheureux.

Apic: Pouvez-vous estimer le nombre d’années nécessaires pour arriver à cette canonisation ?

M.B: Ce n’est pas moi qui maîtrise les miracles, mais je dis simplement que si, dans l’année qui vient, il y avait un miracle – ce qui n’est peut-être pas impossible – il faudrait peut-être encore deux ans pour mener à bien les procédures de reconnaissance de ce miracle. Il faut, en effet, la réunion des médecins, la réunion des théologiens, la réunion de la Congrégation pour les causes des saints. Donc, une canonisation dans un délai de trois ou quatre ans serait très raisonnable. (apic/imedia/ar/bb)

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