Publication d’un rapport, avant un séisme politique?

Norvège: Le débat sur les relations entre l’Eglise et l’Etat s’amplifie

Oslo, 27 novembre 2005 (Apic) Une commission désignée par le gouvernement norvégien se prépare à présenter ses conclusions sur les relations entre l’Eglise et l’Etat. Le rapport est attendu début 2006, mais le débat est plus vif que jamais.

Depuis l’introduction de la Réforme luthérienne en Norvège en 1537, c’est le roi qui est à la tête de l’Eglise de Norvège. Pourtant, des membres de la commission ont récemment indiqué aux journalistes que ces dix prochaines années la Norvège pourrait suivre une évolution parallèle à celle qui a conduit l’Eglise (luthérienne) de Suède en 2000 à desserrer ses liens avec l’Etat. En 2002, une commission de l’Eglise de Norvège avait fait une recommandation selon les mêmes lignes.

«Le débat sur les relations entre l’Eglise et l’Etat pourrait se révéler le plus difficile et le plus important dans les années à venir», a déclaré Trond Giske, ministre norvégien de la Culture et des Affaires religieuses, au synode général de l’Eglise de Norvège réuni à Lillehammer le 14 novembre.

Représentant le nouveau gouvernement de centre-gauche, Trond Giske a expliqué aux 85 membres du synode général que le rapport sur les relations entre l’Eglise et l’Etat tiendrait compte de tous les points de vue. Dans les années 1970, une autre commission nommée par le gouvernement avait proposé une séparation de l’Eglise et de l’Etat en Norvège, mais cette recommandation n’avait pas obtenu le soutien suffisant des paroisses et municipalités, ni au sein du parlement.

Transfert du pouvoir de décision

L’Eglise de Norvège représente environ 88% des 4.5 millions d’habitants de la Norvège. Le rôle du roi en tant que chef de l’Eglise de Norvège est assumé par le gouvernement, par le biais du Ministère de la culture et des affaires religieuses. La responsabilité financière de la gestion des salaires et de la maintenance des églises est partagée par l’Etat et les autorités municipales. Les activités supplémentaires des paroisses dépendent de l’argent obtenu par les offrandes et des bénévoles.

Ces dernières décennies, il y a eu un transfert considérable de l’autorité du roi vers les organismes d’Eglise, comme le synode général. Mais la nomination des évêques, des doyens et conseillers ruraux dépend encore du roi et des ministres du gouvernement qui sont des membres de l’Eglise de Norvège.

Si lier l’Eglise et l’Etat est un anathème dans de nombreux pays comme la France et les Etats-Unis, en Norvège la séparation entre les deux instances pourrait s’apparenter à un véritable séisme politique, il va sans dire. (apic/eni/pr)

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