Suisse: La modification de la loi sur le travail acceptée sur le fil
Berne, 27 novembre 2005 (Apic) Par 1,026’514 « oui » contre 1’003’494 « non », le peuple suisse a finalement accepté la révision de la loi sur le travail. Un résultat obtenu sur le fil. Il aura fallu finalement attendre le dernier décompte en provenance du canton de Zurich pour faire la différence. Jusqu’alors, le « non « était en tête.
Ce scrutin serré jusqu’au bout montre que le peuple suisse veillera à empêcher toute extension du travail dominical, comme le souhaite la droite. La mobilisation pour le « non » a été massive du côté des syndicats et des Eglises. En Suisse romande, seul le canton de Genève, avec son aéroport, donne un « oui » dans les urnes. Quant aux cantons romands de tradition catholiques, ils émettent tous un « non » clair. Au niveau Suisse, seuls sept cantons des 26 cantons ont dit « oui ».
Autre objet en votation: les Suisses ont approuvé à une large majorité – 1’126’367 « oui » contre 896’372 « non » – d’interdire pendant cinq ans l’utilisation des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans l’agriculture. 55,7% des votants se sont prononcés en faveur d’une initiative émanant des écologistes, de groupes de gauche, d’associations d’agriculteurs et de consommateurs, qui estiment que les lois suisses actuelles sur les OGM sont insuffisantes.
Le moratoire proposé dans le texte du référendum devait entrer en vigueur s’il était approuvé non seulement par une majorité des électeurs au niveau national mais aussi dans une majorité des 23 cantons du pays. D’après le décompte des votes, 55,7% des votants au niveau national ont approuvé le moratoire, 44,3 % se sont prononcés contre. Cette interdiction a été plébiscitée par l’ensemble des cantons suisses, puisque l’ensemble des cantons ont dit « oui ». C’est la 15è initiative que le peuple suisse accepte.
Les regrets de la CES
La Conférence des évêques suisses CES) regrette le « oui », sorti des urnes dimanche, avec une courte avance sur le « non », pour lequel l’Eglise catholique suisse avait pris position. Porte-parole de la CES, Mario Galgano, relève que ce changement de loi foule aux pieds l’esprit et le principe de base de l’interdiction du travail le dimanche. Les évêques suisses notent enfin la forte progression du « non » au sein de la population du pays. Un « non » que les sondages donnaient en effet largement battus ces dernières semaines.
Le PDC attendu au contour
Du côté Comité oecuménique en faveur du « non », on se déclare bien entendu déçu de ce résultat, même si le « oui » l’emporte finalement sur le fil du rasoir. « Compte tenu de la propagande colossale des partisans de cette libéralisation, déclare Christa Amstutz à l’Apic, coordinatrice de ce Comité, ce résultat démontre que la population est contre toute extension du travail dominical. Il faudra en tenir compte par la suite ». Selon elle, le projet de libéralisation sur lequel le parlement doit plancher prochainement n’a dès lors plus lieu d’être ». Christa Amstutz déplore enfin l’attitude du PDC. Mais prend note de ses promesses à propos de son opposition à une extension future du travail dominical.
Le Comité oecuménique en faveur du « non » était soutenu par de nombreuses paroisses, Eglises évangéliques libres, l’Action catholique ouvrière, l’Alliance évangélique suisse, la Commission suisse Justice et Paix de la CES, la Fédération suisse des femmes protestantes, la Ligue suisse des femmes catholiques, le Parti évangélique, la pastorale du monde du travail et de nombres autres organisations.
Un message clair: le travail du dimanche doit rester l’exception
Travail.Suisse regrette pour sa part que les citoyens et les citoyennes aient accepté la révision de la loi sur le travail. Le grand nombre de « non » ainsi que le rejet de la révision par la grande majorité des cantons démontre cependant que tout autre projet de libéraliser le travail du dimanche n’aura aucune chance devant le peuple. Le message des citoyennes et citoyens est clair : le travail du dimanche doit rester l’exception.
Pour Travail.Suisse, le résultat serré montre cependant que la résistance contre une libéralisation du travail du dimanche est grande et que tout nouveau projet allant plus loin est condamné à l’échec. Ainsi, le Conseil national devra rejeter mercredi la motion qui exige la totale libéralisation du travail du dimanche dans le commerce de détail et l’ensemble du secteur des services.
Pour Travail.Suisse, c’est un fait que le travail du dimanche doit rester l’exception. Le dimanche doit rester un jour de repos collectif et garder ainsi ses caractéristiques culturelles et sociétales. Toute nouvelle extension du travail du dimanche est inacceptable. (apic/pr)
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