Indonésie:Des responsables indonésiens dénoncent la violence terroriste au nom du «djihad»

Inspirée par un enseignement «hérétique» de l’islam

Medan, 28 novembre 2005 (Apic) Des dignitaires religieux musulmans d’Indonésie font campagne pour exhorter les membres de leur communauté à ne pas rejoindre les forces extrémistes qui seraient responsables d’une série d’attentats suicides dans le pays. Les attentats de novembre 2002 à Bali, commis par des fanatiques, ont fait 202 morts.

De telles actions, affirment les responsables religieux, sont trop commises «au hasard» et sont inspirées par des enseignements et des interprétations «hérétiques» de la théologie musulmane. «Nous allons dispenser un enseignement authentique de l’islam sur le djihad à nos membres», a annoncé Din Syamsuddin, président de l’organisation islamique Muhammadiyah, au moment de lancer la campagne.

Combattre les fausses définitions du «djihad»

Cette initiative, qui rassemble plusieurs groupes, est soutenue par le gouvernement désireux de prévenir de nouveaux actes de violence, comme les attentats de Bali. La signification exacte du concept de «djihad» est un sujet de débat et de controverse. Certains manipulent ce concept en faisant croire que les musulmans sont les gardiens de la race humaine, qu’Allah les a chargés de la libérer des tyrans sur terre et que le djihad est le seul moyen d’établir un gouvernement islamique qui dominera le monde. Ainsi, une définition communément acceptée est «lutte». Certains, cependant, avancent que ce terme a une signification plus suggestive de justice ou de devoir.

«Nous devons contrôler les fausses interprétations du djihad», explique Din Syamsuddin, qui a réclamé ce week-end le retrait d’ouvrages écrits par des terroristes inculpés en Indonésie de crainte que ces livres n’inspirent d’autres actes de terrorisme. De tels livres, a-t-il dit, pourraient avoir un effet «d’intoxication» sur les musulmans qui ne comprennent pas correctement l’islam.

Pour le vice-président indonésien Jusuf Kalla, l’interprétation des enseignements de l’islam qui conduit à la violence est «dangereuse» et pourrait entraîner d’autres violences. La nouvelle démarche, qui exhorte les responsables religieux à affirmer que les actes extrémistes et violents ne sont pas des exemples d’un «authentique djihad», a suscité beaucoup d’attention en Indonésie depuis son lancement le 17 novembre.

Rejet de tout lien entre terrorisme et islam

La campagne menée dans le plus grand pays musulman au monde est considérée comme un point de départ pour les responsables religieux. Selon le journal Jakarta Post du 23 novembre, bien que les responsables aient auparavant condamné la violence, ils ont également «rejeté à maintes reprises tout lien entre terrorisme et islam, même si tous les auteurs et inspirateurs des attentats-suicides ont mené ces violences au nom de l’islam».

Une partie de la campagne consiste dans la distribution d’une séquence vidéo saisie dans un repaire présumé de terroristes qui selon les responsables religieux, montre un exemple de «pratique de l’islam erronée». Avec l’organisation Muhammadiyah, d’autres associations collaborent avec le gouvernement, entre autres le Conseil des oulémas et le groupe Nahdlatul Ulama, le plus grand mouvement musulman indonésien, qui gère des écoles dans le pays.

«L’islam ne reconnaît pas les attentats-suicides (perpétrés par les terroristes pour le djihad) parce que l’ennemi et les victimes sont trop pris au hasard», a ainsi déclaré le leader du groupe Nahdlatul Ulama Ahmad Bagja. (apic/eni/be)

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