Rome: Benoît XVI renouvelle son opposition au «crime de l’avortement»

Le mariage, patrimoine de l’humanité

Rome, 4 décembre 2005 (Apic) Benoît XVI a renouvelé avec force son opposition au « crime de l’avortement » et aux nouvelles formes d’union, qualifiant le mariage de « patrimoine de l’humanité ». Il a invité les législateurs à défendre la vie face à une science menaçante.

Le pape s’exprimait lors d’une audience accordée le 3 décembre aux présidents des Commissions épiscopales de la famille et de la vie d’Amérique latine, réunis à Rome sous l’égide du Conseil pontifical de la famille.

« Les enfants sont réellement la plus grande richesse et le bien le plus précieux de la famille », a lancé le pape devant la cinquantaine de participants à la rencontre. Benoît XVI a alors souligné combien « il est nécessaire d’aider toutes les personnes à prendre conscience du mal intrinsèque du crime de l’avortement qui, en portant atteinte à la vie humaine à son commencement, est aussi une agression contre la société elle-même ». « Ainsi, les politiciens et les législateurs, comme serviteurs du bien social, ont le devoir de défendre le droit fondamental à la vie, fruit de l’amour de Dieu », a-t-il expliqué.

Le souverain pontife a ensuite soutenu qu’en Amérique latine, « comme dans le monde entier, les enfants ont le droit de naître et de grandir au sein d’une famille fondée sur le mariage, où les parents sont les premiers éducateurs de la foi de leurs enfants, et où ceux-ci peuvent atteindre leur pleine maturité humaine et spirituelle ».

Le futur de l’humanité se forge dans la famille

Reprenant des propos de son prédécesseur Jean Paul II, Benoît XVI a affirmé que « le futur de l’humanité se forge dans la famille », félicitant ses auditeurs pour leur attention à « sauvegarder les valeurs fondamentales du mariage et de la famille menacées par le phénomène actuel de la sécularisation qui empêche à la conscience sociale de parvenir à découvrir correctement l’identité et la mission de l’institution familiale ». Le pape a alors aussi condamné « la récente pression de lois injustes qui ne reconnaissent pas les droits fondamentaux » de la famille. Saluant le travail des Commissions pour la vie et la famille, le souverain pontife a qualifié le mariage de « patrimoine de l’humanité ».

Le pape a jugé « nécessaire, aujourd’hui, d’annoncer avec un enthousiasme renouvelé que l’Evangile de la famille est un chemin de réalisation humaine et spirituelle, avec la certitude que le Seigneur est toujours présent avec sa grâce ». A ses yeux, a-t-il affirmé, « cette annonce est souvent défigurée par de fausses conceptions du mariage et de la famille qui ne respectent pas le projet originel de Dieu ». Benoît XVI a alors regretté que l’on soit « arrivé à proposer de nouvelles formes de mariage, dont certaines sont inconnues dans les cultures des peuples, et dans lesquelles on altère sa nature spécifique ».

Condamnation de l’élimination de l’embryon

« De même, dans le domaine de la vie, de nouvelles approches qui mettent en question ce droit fondamental apparaissent », a-t-il souligné. Benoît XVI a alors condamné « l’élimination de l’embryon ou son utilisation arbitraire au nom du progrès de la science qui, ne reconnaissant pas ses propres limites et n’acceptant pas tous les principes moraux qui permettent de sauvegarder la dignité de la personne, se transforme en une menace pour l’être humain lui-même, réduit à un objet ou à un simple instrument ».

Au terme de son intervention en espagnol, Benoît XVI a invité à une plus grande préparation des agents pastoraux diocésains dans le domaine de la vie et de la famille. En ce sens, il a salué la préparation de la Ve rencontre mondiale des familles prévue à Valence (Espagne) courant 2006 et à laquelle il a été invité.

Les propos du pape, particulièrement adressés à l’Amérique Latine, ont été largement repris le lendemain, 4 décembre, dans la presse italienne. Dans la péninsule, un débat animé oppose, à quelques mois des élections législatives et présidentielles du printemps 2006, les partisans et les opposants à une forme italienne du Pacs ou à l’expérimentation de la pilule abortive Ru-486 déjà en cours dans certaines régions du pays.

Benoît XVI avait déjà condamné l’avortement lors de l’audience générale du 16 novembre en saluant les jeunes italiens du ’Mouvement pour la Vie’ et, au préalable, lors d’un congrès du diocèse de Rome sur la famille, le 6 juin. Ce même jour, le pape, qui s’était fermement opposé aux manipulations sur les embryons, avait aussi condamné la dissolution du mariage par les unions libres et les ’mariages homosexuels’. (apic/iedia/ami/bb)

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