La Coordination Suisse-OMC conteste les négociations en cours

Suisse: Conférence ministérielle de l’OMC à Hongkong du 13 au 18 décembre

Berne, 5 décembre 2005 (Apic) Une semaine avant le début de la Conférence ministérielle de l’OMC à Hongkong, du 13 au 18 décembre, la Coordination Suisse-OMC demande au Conseil fédéral un retour au but premier du cycle de négociations lancé à Doha en 2001.

Dans la libéralisation des échanges mondiaux en cours, dont il sera question à la Conférence ministérielle de l’OMC à Hongkong, du 13 au 18 décembre, revenir au cycle de Doha est la seule manière de surmonter les blocages actuels. C’est ce que déclare la Coordination suisse, qui réunit des organisations paysannes, syndicales, environnementales, de consommateurs et de développement. La Suisse devrait tout d’abord renoncer à ses demandes de «libéralisation exagérées dans les domaines de l’industrie et des services», affirme un communiqué de la Coordination Suisse -OMC. Le cycle de négociations lancé à Doha en 2001 devait initialement permettre de corriger les désavantages dont les pays en développement souffrent dans le commerce mondial, constate le communiqué de la Coordination Suisse-OMC. Cependant, affirme-t-il, ce que les pays industrialisés exigent des pays en développement en échange de concessions dans l’agriculture va aggraver les déséquilibres.

Pour Peter Niggli, directeur d’Alliance Sud, la communauté de travail des oeuvres d’entraide, «Seuls quelques grands pays exportateurs profitent d’une ouverture des échanges, alors que la majorité des pays en développement ainsi que la plupart des paysans des pays industrialisés sont perdants». A l’inverse, les coûts des libéralisations commerciales pour les différents pays sont le plus souvent passés sous silence, poursuit le directeur de la communauté de travail des oeuvres d’entraide. Ces coûts sont particulièrement élevés dans le domaine industriel, relève Michel Egger, coordinateur de politique de développement à Alliance Sud.

Les requêtes des pays industrialisés dans le domaine des services ont aussi des conséquences lourdes pour les pays en développement, estime Marianne Hochuli, spécialiste des questions commerciales à la Déclaration de Berne. Les demandes d’ouverture dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’eau, des services financiers et du tourisme «vont profiter aux pays du Nord, alors que les pauvres seront toujours plus exclus des services de base».

Afin de débloquer le cycle de Doha, il convient, entre autres, pour Sonja Ribi, cheffe de projet Politique et Coordination internationale à Pro Natura Suisse, «d’éliminer les subventions à l’exportation dans l’agriculture et d’octroyer à chaque pays le droit de garantir sa sécurité alimentaire par des mesures de protection appropriées».

Dans le cadre de l’AGCS (Accord général sur le commerce des services), en outre, les pays industrialisés ne devraient pas imposer des ouvertures de marché allant plus loin que ce que les pays en développement sont prêts à offrir d’eux-mêmes. Dans le domaine industriel, les pays du Sud doivent pouvoir conserver suffisamment de marge de manoeuvre pour augmenter ou diminuer leurs droits de douane selon les secteurs et types de produits. Finalement, a ajouté la cheffe de projet de Natura Suisse, «les ressources naturelles devraient être exclues des libéralisations, notamment les forêts tropicales et la pêche qui sont menacées de surexploitation.

Le Comité de la Coordination Suisse-OMC comprend: Alliance Sud, Déclaration de Berne, Pro Natura Suisse, Union suisse des paysans, Union syndicale suisse, Uniterre. (apic/com/vb)

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