France: 3e Rencontres judéo-catholiques de Paris le 4 décembre
Paris, 5 décembre 2005 (Apic) Les 3e Rencontres européennes entre juifs et catholiques» ont rassemblé le 4 décembre de nombreux participants à l’Hôtel de Ville de Paris. Elles s’inscrivent dans une intensification du dialogue entre les deux religions. Dans une lettre, Benoît XVI témoigne son émotion à l’évocation du massacre de juifs en Ukraine en 1941.
Les «3ème rencontres européennes entre juifs et catholiques» du 4 décembre, initiées par le Congrès juif européen, ont rassemblé dimanche plus de 700 personnes dans les salons de l’Hôtel de Ville de Paris. Elles ont montré un nouveau visage de la relation entre ces deux grandes religions, après des années de dialogue de plus en plus intense et fraternel. Ce qu’ont souligné tous les participants.
Des actions communes concrètes, liées à la mémoire ou à la solidarité envers les plus pauvres ont été mises avant. Ces initiatives, présentées officiellement pour la première fois, sont initiées ou soutenues par la fondation «Iahad – In Unum» ( ensemble en hébreu et en latin ) créée il y a deux ans par le rabbin Israël Singer, directeur du congrès Juif mondial, et le cardinal Lustiger, archevêque émérite de Paris.
L’une de ces initiatives – la recherche, en Ukraine, par un prêtre catholique, le père Patrick Desbois, des fosses communes dans lesquelles plus d’un million de juifs ukrainiens ont été tués par les nazis dès 1941, et pour lesquels il n’existe aujourd’hui encore aucune sépulture – a même reçu l’appui personnel du pape. Mis au courant de l’importance de ces recherches par le cardinal Lustiger, Benoît XVI a adressé une lettre dans laquelle il s’implique personnellement pour soutenir le travail entrepris. (cf encadré ).
Deux actions caritatives communes d’envergure
Deux autres actions, à caractère caritatif ou humanitaire, ont été rendues publiques à l’occasion de ces 3e Rencontres judéo-chrétiennes. Il s’agit de la réhabilitation , en Argentine, de friches industrielles dans les banlieues de Buenos Aires, pour produire des denrées alimentaires distribuées ensuite gratuitement au population les plus démunies. Chaque lieu de production, géré conjointement par un rabbin et par un prêtre catholique, permet également de faire travailler la population sans ressources.
En Afrique, la fondation soutient le projet Cumvivium, de production de médicaments pour soigner les malades atteints du sida. Une première unité a vu le jour au Gabon où 300’000 personnes atteintes du sida sont en attente de traitement. Une seconde unité devrait être opérationnelle prochainement en Afrique du Sud.
«Toutes ces actions sont un témoignage commun qui s’enracine sur les commandements de Dieu» a expliqué le cardinal Lustiger, en soulignant que le monde dans lequel nous vivons en avait un besoin urgent.
D’autre part, les intervenants ont tous souligné combien la déclaration conciliaire Nostra Aetate, dont c’est le 40ème anniversaire, avait permis d’ouvrir de nouvelles relations entre juifs et catholiques. Ces actions communes sont aujourd’hui l’un des fruits de cette déclaration. Il a été rendu hommage à l’incessante volonté de rapprochement avec les juifs voulu par Jean Paul II pendant toute la durée de son pontificat.
Parmi les participants à la rencontre, du côté catholique: les cardinaux Georges-Marie Cottier (représentant le Vatican), Jean-Marie Lustiger, archevêque émérite de Paris, et Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, ainsi que Mgr Jean-Pierre Ricard, président de la conférence des évêques de France et Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris.
Du côté juif: Pierre Besnainou, président du Congrès juif européen, Israel Singer, directeur du Congrès juif mondial, le grand rabbin de France Joseph Sitruk, Nétanel Teitelbaum, rabbin de Cologne ( qui a reçu Benoît XVI dans sa synagogue le 19 août dernier) et Oded Ben-Hur, ambassadeur d’Israël au Vatican. JFB/VB
Encadré
La lettre personnelle de Benoît XVI au cardinal Lustiger, archevêque émérite de Paris
Eminence, Vénéré et cher confrère,
(.) A la lecture de votre lettre et des documents transmis auparavant, j’ai été bouleversé en me rendant compte à quel point le pouvoir du mal s’était emparé de notre peuple, au point que des choses aussi monstrueuses aient pu avoir lieu, comme ces documents le révèlent. Que ces campagnes systématiques d’assassinats en Ukraine avaient précédé l’horreur des camps d’extermination des juifs, je n’en avais jusque là jamais entendu parler. Je peux à peine concevoir que les puissances démoniaques du mal qui ont régné douze ans sur notre peuple aient pu conduire à ce point à un total écroulement des obligations morales et aboutir à une destruction des consciences à un degré tel qu’on ne pourrait pas le croire, si tout ceci n’était établi avec une si effroyable précision. Ici nous ne pouvons que prier sans cesse le Seigneur de nous protéger de telles Puissances dans l’avenir. (.) Il est consolant que le métropolite ukrainien de l’époque ait pris clairement position contre ces procédés, et qu’aujourd’hui des prêtres catholiques s’efforcent de tirer au clair toute la vérité (.)
Cité du Vatican, 1.12.2005
(apic/jfb/vb)
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