Suisse: 270e Assemblée ordinaire de la Conférence des évêques suisses à Delémont
Einsiedeln, 8 décembre 2005 (Apic) La Conférence des évêques suisses (CES), réunie en assemblée plénière du 5 au 7 décembre à Delémont (JU), a célébré jeudi le 40e anniversaire de la clôture du Concile Vatican II au couvent d’Einsiedeln. Hôte d’honneur et conférencier invité pour la circonstance: le cardinal Godfried Danneels.
L’archevêque de Malines-Bruxelles, qui fut l’un des « papabili » à la mort de Jean Paul II, a évoqué, lors d’une conférence dans le sanctuaire marial schwytzois, le bilan et les perspectives de Vatican II. Pour le prélat belge, le Concile, qui a été « une bénédiction et un cadeau pour l’Eglise au XXe siècle », n’a pas encore livré tous ses fruits. Mais que serait l’Eglise aujourd’hui sans le Concile Vatican II, a-t-il lancé.
Un Concile Vatican III ? L’Eglise n’est pas prête.
Un temps favorable à l’idée d’un nouveau Concile, le cardinal Danneels s’est toutefois demandé si l’Eglise était vraiment préparée à affronter un tel événement. « Un Concile Vatican III ? J’hésite, car Vatican II n’a pas encore été appliqué entièrement. Et ensuite, réunir 5’000 évêques du monde entier. je ne sais pas si nous y sommes prêts! » Dans le passé, a-t-il ajouté, un Concile pouvait peut-être dire des choses valables pour plusieurs siècles. Mais aujourd’hui?
Le Concile Vatican II n’a pas traité de questions qui sont apparues par la suite, comme, en science biomédicale, le clonage ou la fécondation in vitro, l’euthanasie, le terrorisme international ou les mariages homosexuels, sans parler de la place de la femme dans la société et dans l’Eglise. L’interreligieux, l’apparition dans les pays autrefois chrétiens de nouvelles religiosités et spiritualités, de l’islam, du bouddhisme, sans oublier toutes sortes de sectes, tout cela n’était pas à l’ordre du jour non plus au début des années 60.
Davantage de poids pour les Eglises locales
Mais pour analyser ces phénomènes et proposer des pistes d’action, un Concile n’est pas nécessaire, estime-t-il. A ses yeux, on pourrait le faire au cours d’un synode des évêques, mais cet organe qui n’est qu’une instance de conseil et non de décision, devrait avoir davantage de poids. Il faudrait trouver un meilleur équilibre entre la primauté de Pierre, le rôle et la place de Rome, et les Eglises locales, « entre le centre et les périphéries ». « La nature des synodes des évêques est encore à trouver », lâche-t-il.
Le prélat belge plaide pour que le pape ait à ses côtés un conseil permanent d’évêques venant du terrain – une sorte de « conseil de la couronne » nommé pour 3 ou 4 ans – afin que les Eglises locales aient plus de poids. Et d’estimer que la curie romaine ne devrait avoir qu’un rôle exécutif au service de l’Eglise universelle.
Relations tendues avec le PDC ?
Lors de la conférence de presse de jeudi, le président de la CES, Mgr Amédée Grab, a évoqué la restructuration en cours du secrétariat de la Conférence des évêques, avec le départ fin juin prochain de l’abbé Agnell Rickenmann, secrétaire général démissionnaire, et la mise au concours du poste d’attaché de presse, occupé actuellement par Mario Galgano.
Sollicitée par Doris Leuthard, présidente du parti démocrate-chrétien suisse (PDC), la CES s’est déclarée intéressée par des entretiens bilatéraux (ouverts aux autres partis, au cas où ils en feraient la demande, a précisé Mgr Grab). Mais pas question de se faire mettre une muselière, notamment sur les questions du droit d’asile, a encore souligné l’évêque de Coire. « Les évêques ne sont pas un parti, les évêques n’ont pas de parti », a-t-il lâché, même si ce ne fut pas toujours le cas dans l’histoire.
Et Mgr Grab de rappeler les conflits politico-religieux qui ont agité la Suisse tout au long du XIXe siècle, notamment la guerre du Sonderbund et le Kulturkampf. « Il y a donc des raisons historiques qui ont fait que les évêques soutenaient le parti catholique conservateur de l’époque – (devenu le PDC, ndr) -, mais depuis, les catholiques sont sortis de leur ’ghetto’ ». Ils peuvent donc appartenir à divers partis, car ces derniers représentent également des valeurs, « que ce soient des valeurs strictement chrétiennes ou chrétiennement reconnaissables », a-t-il insisté. Pour le président de la CES, « l’Esprit Saint est partout à l’oeuvre, et donc il est exclu qu’il soit présent uniquement dans un parti ». JB
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