Message pour la traditionnelle Journée mondiale de la paix

Rome: Le pape condamne le terrorisme, le fanatisme religieux et l’arme nucléaire

Rome, 13 décembre 2005 (Apic) Benoît XVI a condamné mardi le terrorisme inspiré par le « nihilisme » ou le « fanatisme religieux » et dénoncé les Etats qui « fomentent chez les citoyens des sentiments d’hostilité envers les autres nations ».

Dans son message publié en vue de la traditionnelle Journée mondiale de la paix le 1er janvier 2006, le pape, dénonçant le péril nucléaire, a relevé le 13 décembre que « dans une guerre nucléaire, il n’y aurait pas des vainqueurs, mais seulement des victimes ».

La haine des autres nations, le désarmement nucléaire, le drame du mensonge, le fondamentalisme fanatique et le droit humanitaire sont en effet autant de thèmes abordés par Benoît XVI dans son Message pour la 39e Journée mondiale de la paix du 1er janvier 2006. Ce Message intitulé « Dans la vérité, la paix » a été rendu public par la Salle de presse du Saint-Siège le 13 décembre.

Les autorités qui, au lieu de mettre à exécution ce qui est en leur pouvoir pour promouvoir efficacement la paix, fomentent chez les citoyens des sentiments d’hostilité envers les autres nations se chargent d’une « très grave responsabilité », écrit ainsi Benoît XVI dans son premier Message pour la Journée mondiale de la paix. Pour le pape, ces mêmes responsables mettent en danger, dans des régions particulièrement à risque, les équilibres délicats atteints au prix de difficiles négociations.

Le pape condamne les armes nucléaires

Le pape a ensuite déploré que des gouvernements comptent sur les armes nucléaires pour garantir la sécurité de leurs pays, qualifiant cette perspective de « funeste » et « fallacieuse ». Benoît XVI explique alors qu’en cas de guerre nucléaire, il n’y aurait pas des vainqueurs, mais seulement des victimes.

« La vérité de la paix demande que tous – aussi bien les gouvernements qui, de manière déclarée ou occulte, possèdent des armes nucléaires depuis longtemps, que ceux qui entendent se les procurer – changent conjointement de cap par des choix clairs et fermes, s’orientant vers un désarmement nucléaire progressif » et coordonné, réclame le pape avec force.

Les pays pauvres seront les premiers à profiter du désarmement

Benoît XVI exprime aussi son regret concernant l’augmentation préoccupante des dépenses militaires et du commerce des armes alors que le processus politique et juridique mis en oeuvre par la communauté internationale pour renforcer le chemin du désarmement « stagne dans le marécage d’une indifférence quasi générale ». Et le pape de se demander quel avenir de paix sera un jour possible « si on continue à investir dans la production des armes et dans la recherche employée à en développer de nouvelles? ».

Le pape invite alors les nations à retrouver le courage et la sagesse de relancer résolument et collectivement le désarmement. A ses yeux, « les premiers à tirer profit d’un choix résolu pour le désarmement seront les pays pauvres ».

Notant la diminution numérique des conflits armés, Benoît XVI souhaite « un avenir de plus grande sérénité, en particulier pour les populations martyrisées de la Palestine, la terre de Jésus, et pour les habitants de certaines régions d’Afrique et d’Asie qui attendent depuis des années la conclusion positive des processus de pacification et de réconciliation en cours ». Les quelques signes réconfortants sur le sentier de la paix, estime le pape, doivent être « confirmés et consolidés par une action unanime et infatigable » de la communauté internationale et de ses organismes.

Loin d’un « optimisme naïf », le souverain pontife dénonce les sanglants conflits fratricides et les guerres dévastatrices, qui sèment larmes et mort en de larges zones de la terre. Le mensonge, explique ensuite Benoît XVI, peut empêcher la réalisation de la paix. Il note que le mensonge et le « drame du péché », qui lui est lié, ont causé et continuent à causer des effets dévastateurs dans la vie des individus et des nations.

« Il suffit de penser à ce qui s’est passé au siècle dernier, quand des systèmes idéologiques et politiques aberrants ont mystifié la vérité de façon programmée et ont conduit à l’exploitation et à l’élimination d’un nombre impressionnant d’hommes et de femmes, exterminant même des familles et des communautés entières », précise le pape, qui ne cite toutefois pas les idéologies nazie et communiste.

Rappelant que ses prédécesseurs, Paul VI et Jean Paul II, ont plusieurs fois dénoncé les terroristes et condamné « l’absurdité de leurs desseins de mort », Benoît XVI affirme que « la vérité de la paix continue d’être compromise et niée de façon dramatique par le terrorisme qui, par ses menaces et ses actes criminels, est en mesure de tenir le monde dans un état d’angoisse et d’insécurité ».

Le pape déclare alors que « le nihilisme et le fondamentalisme ont un rapport erroné à la vérité ». Il demande ainsi que, « dans l’analyse des causes du phénomène contemporain du terrorisme (.), en plus des raisons à caractère politique et social, on ait aussi présent à l’esprit ses plus profondes motivations culturelles, religieuses et idéologiques ».

Le pape rappelle la valeur du droit humanitaire international

Le pape rappelle aussi avec fermeté la valeur du droit humanitaire international visant à limiter au maximum « les conséquences dévastatrices de la guerre ». Le respect de ce droit s’impose comme un devoir pour tous les peuples, estime-t-il. « L’Organisation des Nations-Unies doit devenir un instrument toujours plus efficace pour promouvoir dans le monde les valeurs de justice, de solidarité et de paix », poursuit le pape. Qui salue aussi les soldats engagés dans de délicates opérations de règlement des conflits et de rétablissement des conditions nécessaires à la réalisation de la paix, mais aussi le travail des ordinaires militaires – les évêques aux armées – et des aumôniers militaires.

Dans son Message, Benoît XVI confirme la ferme volonté du Saint-Siège de continuer à servir la cause de la paix, soulignant que le nom même de Benoît, choisi au jour de son élection, indique son engagement déterminé en faveur de la paix. Un nom inspiré par l’exemple du saint patron de l’Europe, promoteur d’une civilisation pacificatrice, et par le pape Benoît XV, qui condamna la Première Guerre mondiale comme « un massacre inutile ».

Dans sa réflexion autour du thème de ce Message, le souverain pontife affirme par ailleurs que, comme « résultat d’un ordre fixé et voulu par l’amour de Dieu, la paix possède sa vérité intrinsèque et invincible ». Et Benoît XVI de noter que « l’histoire a amplement démontré que faire la guerre à Dieu pour l’extirper du coeur des hommes conduit l’humanité, effrayée et appauvrie, vers des choix qui n’ont pas d’avenir ».

Le 1er janvier 2006, 39e Journée mondiale pour la paix et fête de sainte Marie mère de Dieu, Benoît XVI célébrera la messe en présence du corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, dans la basilique St-Pierre au Vatican, avant de réciter la prière mariale de l’angélus. (apic/imedia/ami/be)

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