7% de la population infantile mondiale dans l’obligation de bosser

Londres: La planète est devenue une terre hostile pour les enfants

Londres, 15 décembre 2005 (Apic) La planète est devenue une terre hostile aux enfants. Le rapport de l’Unicef présenté mercredi à Londres par la directrice du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance, Ann M. Veneman, est sans complaisance pour nos sociétés. Un chiffre, une réalité: 7% de la population infantile mondiale est dans l’obligation de bosser, certains proches de l’esclavages, y compris dans la prostitution.

Chaque année, 8,4 millions de gosses commencent à travailler dans des conditions proches de l’esclavage, et 1,2 million d’autres sont victimes du trafic sexuel. Ils s’ajoutent aux millions d’autres enfants qui ont d’ores et déjà intégré le monde du travail, forcés dans bien des cas. Tout cela, parce qu’il manque l’élémentaire pain sur la table familiale.

Ces gosses comptent si peu dans nos sociétés qu’ils sont quasiment « invisibles dans les statistiques », a déploré en Espagne Consuelo Crespo, présidente de l’organisation espagnole d’Unicef, dans un commentaire repris par « El Pais ». Selon elle, 55% des nouveaux nés dans les pays pauvres ne figurent sur aucun registre. Ce qui les prive d’une existence légale. Cette absence d’identité prive ces enfants des services de base comme le sont l’éducation, la santé, et les laisse sans protection aucune ».

Dans ce pourcentage d’enfants anonymes ne figure pas la Chine. L’Asie, assure-t-elle, est d’ailleurs l’endroit où le nombre de mineurs sans certificat de naissance est le plus élevé.

Sur notre planète, on compte au moins 142 millions de mineurs privés pour le moins de l’un des ses parents. Globalement, dit l’Unicef, 171 millions de gosses sont dans l’obligation de travailler, soit le 7% d’une population mondiale de 2,182 milliards d’enfants de moins de 18 ans.

Loin du compte

Malgré les efforts pour améliorer la vie des enfants, indique le rapport 2006 de l’Unicef sur l’enfance dans le monde, il reste de sérieuses ombres, y compris en Europe. Si nombre de gouvernements consacrent près de 13 % de leur budget à la santé, en Amérique latine et dans les Caraïbes, ce pourcentage descend de moitié, pour atteindre péniblement 7%, selon les pays. En Colombie, pays de conflits et de violences permanents, des millions d’enfants, dit l’Unicef, ne font rien d’autre que survivre dans des conditions plus que précaires. Et cela, principalement, dans les communautés afro-colombiennes.

Selon les chiffres fournis par l’Unicef, 250’000 enfants sont encore et toujours impliqués dans les conflits armés. En Afrique sub-saharienne, un million de mineurs se trouvent dans des centres de détention, et la moitié des enfants ne terminent pas l’enseignement de base. En Sierra Leone, 283 gosses sur 1’000 meurent avant l’âge de 5 ans.

En présentant son rapport, Ann M. Veneman a estimé que les gouvernements doivent renforcer leurs efforts si le monde entend aller dans le sens des objectifs de développement fixé par les Nations Unies. On en est loin. Très loin. Les gosses travailleurs, exploités à tous les niveaux, y compris de la prostitution, ne sont plus qu’une statistique. Et encore n’y apparaissent-ils souvent pas. Comme les gosses de la rue, en Amérique latine, en Asie, en Afrique et en Europe, à qui la société nie pourtant leurs existences et les services les plus élémentaires: une protection, une alimentation, une scolarisation et le recours à des soins. Sans parler du reste. (apic/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/londres-la-planete-est-devenue-une-terre-hostile-pour-les-enfants/