Trop de difficultés rencontrées aux barrages israéliens

Bethléem: Les pèlerins découragés de se rendre à la ville de la Nativité

Bethléem, 20 décembre 2005 (Apic) Face aux difficultés rencontrées aux barrages israéliens, nombre de pèlerins sont découragés de se rendre cette année dans la ville de la Nativité. Les chrétiens qui veulent se rendre à Noël à Bethléem, la ville où est né Jésus, doivent franchir des tourniquets métalliques à la frontière israélienne et les habitants déplorent que la Cisjordanie soit en train de devenir une prison.

Les autorités israéliennes, de leur côté, ont annoncé vouloir faciliter l’accès à la ville sainte aux pèlerins chrétiens durant les prochaines célébrations de Noël en affirmant courir un «risque calculé» étant donné l’importance de Bethléem. L’allègement du bouclage a lieu du 24 décembre au 18 janvier, date du Noël arménien, mais il n’est pas valable pour les musulmans. En raison des risques pour la sécurité, les juifs ont toujours l’interdiction de visiter la ville sainte.

Selon le lieutenant-colonel Aviv Feigel, les pèlerins (étrangers) n’auront pas besoin d’une permission de l’armée pour entrer dans la ville. Il affirme que les soldats vont essayer d’accélérer le processus en ne contrôlant pas chaque bus de touristes, mais effectuer plutôt des contrôles au hasard.

Les arabes israéliens et les chrétiens palestiniens pourront de même se rendre à Bethléem et les chrétiens palestiniens seront également autorisés à se rendre en Israël pour rendre visite à leur famille, selon l’officier de sécurité. Qui affirme qu’un nouveau barrage placé entre Bethléem et Jérusalem, en place depuis le 15 novembre, n’a pas réduit le nombre de touristes.

Les barrages placés par l’armée israélienne autour des agglomérations de Cisjordanie paralysent fréquemment la circulation des personnes et des véhicules, et les Palestiniens sont souvent soumis à des contrôles humiliants. Les responsables palestiniens déplorent que le haut mur de séparation qu’Israël construit en Cisjordanie – coupant Bethléem de la partie arabe de Jérusalem – vont empêcher touristes et pèlerins de visiter Bethléem. Ces dernières années, les lieux saints de la ville de la Nativité ont été souvent inaccessibles.

Avec le déclin de la violence, quelque 250’000 pèlerins sont entrés à Bethléem depuis janvier dernier, compares aux 100’000 de l’année précédente, affirme Aviv Feigel. Mais pour lui, le calme est trompeur: la moitié des victimes d’attentats en 2004 serait due à des assaillants entrant à Jérusalem depuis Bethléem.

Dissuasif pour les pèlerins

Avant le soulèvement palestinien qui a éclaté il y a cinq ans, le parcours de 15 minutes en bus de Jérusalem à Bethléem se déroulait sans accroc pour les touristes comme pour les Palestiniens. Mais, depuis novembre, les pèlerins doivent descendre des bus et franchir des tourniquets en métal puis se rendre aux guichets pour l’inspection de leurs passeports, ce qui fait dire à certains touristes qu’ils sont traités comme du bétail.

«C’est très stérile, c’est très déprimant», a confié un déclaré un touriste du Canada qui n’a pas voulu que l’on mentionne son nom. Les habitants palestiniens craignent que ces tracasseries ne découragent les pèlerins de venir dans cette ville de Cisjordanie. «Comme les touristes passent habituellement une demi-journée à Bethléem, le fait de devoir attendre une heure au poste de contrôle est devenu vraiment un obstacle pour le tourisme à Bethléem», déplore Carol Dabdoub, de l’organisation Open Bethlehem, qui cherche à signaler les problèmes de la ville à l’attention de la communauté internationale.

Environ 20% des touristes, précise-t-elle, ont annulé leur visite à Bethléem en raison des difficultés rencontrées pour entrer dans la ville, qui est progressivement entourée d’un mur fait de fils de fer barbelés et béton. Ce mur de séparation, érigé par Israël sous prétexte d’empêcher les auteurs d’attentats suicides d’entrer dans ses villes, empiète en bonne partie sur des terres palestiniennes confisquées. De plus, il coupe les Palestiniens de leurs proches, de leurs champs et de services comme les hôpitaux et les écoles.

«Les touristes se plaignent de cette attente qu’ils trouvent humiliante et certains ne veulent tout simplement pas venir à Bethléem», a déclaré Anwar qui travaille dans un hôtel de Bethléem. Le taux d’occupation des hôtels palestiniens se monte aujourd’hui à environ 3% à Bethléem, mais cet hôtel espère un taux de 100% pour Noël avec l’arrivée de chrétiens arabes et étrangers qui viennent assister à la messe de minuit et aux célébrations de Noël dans l’église de la Nativité et sur la place de la Mangeoire.

Alors que le Ministère du tourisme israélien affirme que 80’000 visiteurs chrétiens sont attendus en Terre Sainte pendant la période de Noël, les responsables palestiniens estiment que seuls 30’000 viendront à Bethléem, beaucoup pour de brèves visites qui vont apporter peu d’argent à l’économie locale en crise. (apic/haar/eni/be)

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