Les Journées mondiales de la Jeunesse ont 20 ans
Rome, 21 décembre 2005 (Apic) Les Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ) ont fêté leur 20e anniversaire le 20 décembre. En 1985, après plusieurs mois de réflexion, Jean Paul II annonce que les jeunes se retrouveraient tous les ans pour la fête des Rameaux et une année sur deux pour un rassemblement international autour du pape. C’est ce que rapporte Mgr Renato Boccardo, responsable des JMJ au Vatican de 1992 à 2000, dans un livre d’entretiens intitulé «Jean Paul II, les jeunes et les JMJ», paru fin novembre 2005.
«Jean Paul II lui-même a inventé cette formule des Journées mondiales de la Jeunesse; je pense que cette idée lui était vraiment très personnelle», explique Mgr Boccardo dans son livre d’entretiens avec les journalistes Ariane Rollier et François Vayne. Pour le secrétaire général du Gouvernorat de l’Etat du Vatican, cette formule «est née de son intuition, de sa propre inspiration pastorale géniale, de son grand amour (.) presque de sa passion pour les jeunes».
Il est cependant «important de souligner que l’Eglise a toujours oeuvré en direction des jeunes» et que «ce n’est pas Jean-Paul II qui a lancé la pastorale de la jeunesse», estime celui qui fut responsable de la section ’jeunes’ du Conseil pontifical pour les laïcs pendant huit ans. Car, pour lui, avant Jean-Paul II, «les papes ont ’préparé le terrain’».
Dans le livre paru aux éditions Parole et Silence, Mgr Boccardo évoque ainsi Jean XXIII et son fameux ’discours de la lune’, le soir de l’ouverture du Concile, en 1962, dans lequel il demandait aux fidèles rassemblés place Saint-Pierre de donner «une caresse à leurs enfants» de sa part. Il parle aussi de Paul VI, le décrivant comme «un homme de grande humanité».
«Lors des audiences générales ou des grandes célébrations, il a d’ailleurs toujours eu quelques paroles pour les jeunes», rapporte celui qui fut séminariste à Rome sous le pontificat du pape Montini. Il explique aussi que ce dernier commença «à s’adresser spécialement à eux à l’occasion de la fête des Rameaux». «Même si les rencontres de ce type n’étaient pas encore institutionnalisées comme sous Jean-Paul II, il s’agissait déjà un peu d’une ’célébration des jeunes’, prélude aux rencontres de 1984 et 1985 à Rome», estime ainsi l’évêque italien.
Déjà proche des jeunes à Cracovie
«Pour ce qui est de Jean Paul II, je pense qu’il faut revenir à son expérience personnelle avec les jeunes quand il était prêtre à Cracovie», poursuit celui qui fut aussi organisateur des voyages pontificaux de 2000 à 2005. Il explique que, dans son livre Entrez dans l’espérance, Jean Paul II disait «clairement que c’est lorsqu’il était jeune prêtre qu’il a pris toute la mesure de la jeunesse pour la vie de la personne humaine». Aussi, «dès la programmation de ses premiers voyages pontificaux, le pape polonais a demandé que soit prévue une rencontre avec les jeunes», rappelle-t-il.
«L’intuition des Journées mondiales de la Jeunesse lui revient totalement», estime donc Mgr Boccardo, rappelant aussi que la «genèse de ces rencontres» date de l’Année sainte de la Rédemption, en 1983-1984. En effet, Jean Paul II souhaita alors qu’il y ait une célébration pour les jeunes au Vatican le dimanche 15 avril, pour la fête des Rameaux. Puis, en 1985, alors que l’Onu célébrait l’Année internationale de la Jeunesse, le pape voulut qu’un «geste d’attention pour les jeunes» vienne de l’Eglise, raconte encore l’évêque italien. Il y eut donc un second rassemblement international de jeunes à Rome le 31 mars 1985, pour les Rameaux.
La réponse des jeunes «fut telle, deux années de suite – avec 300’000 participants en 1985 – que cette participation massive signifiait sans doute une véritable attente», relate encore Mgr Boccardo. Jean Paul II s’interrogea donc «sur la façon dont il fallait poursuivre ce mouvement». C’est alors que «quelques mois plus tard, le 20 décembre 1985, le pape annonça l’institution des Journées mondiales de la Jeunesse», rapporte-t-il. «Il décida qu’elles seraient célébrées au niveau diocésain chaque année, si possible le dimanche des Rameaux, et qu’une rencontre internationale aurait lieu tous les deux ans dans un pays différent», précise l’évêque italien.
«Les JMJ à proprement parler furent donc créées en 1985», raconte encore le haut prélat. Avant de souligner que «la première JMJ fut celle de l’année suivante, en 1986, dans les diocèses, et la première rencontre internationale se déroula à Buenos Aires en Argentine, en 1987».
Des changements dans les JMJ?
Dans le livre d’entretiens, sur 230 pages, illustré par des témoignages et des textes de Jean Paul II, Mgr Boccardo raconte aussi l’histoire de ces rencontres successives, qui ont pris forme au cours du temps, rencontrant toujours un véritable enthousiasme chez des dizaines de milliers de jeunes. Il se souvient de la JMJ de Saint Jacques de Compostelle en 1989, suivie de celle de Czestochowa en 1991, et ce jusqu’à la 20e, celle de Cologne, en août 2005. Le secrétaire du Gouvernorat de l’Etat du Vatican était alors organisateur du premier voyage de Benoît XVI. Après avoir brossé le portrait de ces rendez-vous inhabituels dans le monde, décrit leur fonctionnement et leurs conséquences au point de vue local et ecclésial, Mgr Boccardo évoque finalement les perspectives de cette rencontre internationale, après vingt ans d’existence et l’élection du successeur de Jean Paul II. «Personnellement, je considère que le temps est venu de changer quelque chose dans le déroulement des Journées mondiales de la Jeunesse», estime-t-il sans plus de précision. (apic/imedia/bb)
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