Et rappelle la figure de Jean Paul II
Rome, 22 décembre 2005 (Apic) Benoît XVI a rappelé la souffrance de Jean Paul II à la fin de son pontificat et a longuement souligné l’importance d’une « interprétation correcte » du Concile Vatican II, le 22 décembre 2005.
Comme le veut la tradition, le pape recevait les cardinaux et membres de la curie romaine dans la salle Clémentine au Vatican afin de leur présenter ses voeux de Noël. Le pape a aussi fait part, devant les hauts prélats, de la « grande frayeur » avec laquelle il avait vécu son élection le 19 avril dernier.
Evoquant certains événements de l’année 2005, le souverain pontife a commencé par évoquer « la disparition de Jean Paul II, précédée par un long chemin de souffrance et de perte graduelle de la parole ». « Aucun pape ne nous a laissé une quantité équivalente de textes, aucun pape n’a pu visiter, comme lui, le monde entier et parler directement aux hommes de tous les continents », a affirmé Benoît XVI, ajoutant que Jean Paul II avait connu à la fin de sa vie « un chemin de souffrance et de silence ».
Benoît XVI est ensuite revenu sur deux évènements majeurs survenus en 2005 et voulus par son prédécesseur : les Journées mondiales de la jeunesse de Cologne et le Synode des évêques sur l’Eucharistie.
A propos du rassemblement mondial de jeunes organisé en août dernier dans son pays natal, Benoît XVI a invité à « garder dans le coeur les images de Cologne ». Revenant sur les temps d’adoration du Saint-Sacrement proposés aux jeunes, le pape a souligné que, « particulièrement dans un monde où existe la menace que chacun fasse soi-même son propre critère, il est fondamental de souligner l’adoration ». Au sujet du synode d’octobre 2005 sur l’Eucharistie, le pape a précisé que « dans les interventions des pères synodaux, s’est reflétée la richesse de la vie eucharistique de l’Eglise d’aujourd’hui et s’est manifestée le caractère inépuisable de sa foi eucharistique ».
Concile Vatican II: la rupture ou le renouvellement dans la continuité?
Puis, le souverain pontife est revenu sur le Concile Vatican II, dont l’Eglise a fêté le 40e anniversaire de la clôture le 8 décembre dernier. Benoît XVI a affirmé que « personne ne peut nier que, dans de vastes parties de l’Eglise, la réception du Concile s’est déroulée de manière plutôt difficile ». Selon le pape, sa bonne interprétation réside dans « sa juste herméneutique ».
Benoît XVI a ainsi expliqué que deux interprétation contraires s’étaient longtemps opposées : d’une part « ’l’herméneutique de la discontinuité et de la rupture’ », qui a profité « de la sympathie des médias et d’une partie de la théologie moderne », d’autre part « ’l’herméneutique de la réforme’, du renouvellement dans la continuité ». Pour le pape, la première a »provoqué la confusion » et « risque de finir dans une fracture entre l’Eglise pré-conciliaire et l’Eglise post-conciliaire », la deuxième « a porté des fruits, silencieusement, mais toujours plus visiblement ».
La grande frayeur de succéder à Jean Paul II
« Je dois probablement encore faire mémoire du 19 avril de cette année où le collège cardinalice, avec ma grande frayeur, m’a élu pour succéder à Jean Paul II », a enfin confié le pape au terme de son intervention. « Une telle tâche était bien loin de tout ce que j’aurai pu imaginer comme vocation », a-t-il encore reconnu, avant de remercier ceux qui l’entourent de leur « bonté » et de leur « compréhension ».
Au nom de tous, le cardinal Angelo Sodano secrétaire d’Etat du Saint-Siège, en qualité de doyen du collège des cardinaux, a adressé ses voeux au pape. Le secrétaire d’Etat a conclu en disant que les papes sont « 265 anneaux jamais rompus d’une chaîne mystérieuse qui révèle au monde le caractère indéfectible de l’Eglise du Christ ».
Après sa longue intervention de près d’une heure, les épaules recouvertes d’une mozette hivernale rouge bordée de blanc, ainsi que d’une étole rouge brodée d’or, Benoît XVI a successivement salué les cardinaux, les archevêques et les évêques de la curie romaine. (apic/imedia/ami/vb)
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