Rome: Benoît XVI pointe la menace de l’atrophie spirituelle de l’homme
Rome, 26 décembre 2005 (Apic) Le pape Benoît XVI a pointé la menace de l’atrophie spirituelle de l’ère technologique dans son message de Noël, invitant l’homme du troisième millénaire à s’éveiller, et a prié pour la paix dans les pays en conflit. Apparaissant à la loggia de la basilique Saint-Pierre, le 25 décembre 2005 à midi, le pape a aussi adressé ses voeux «aux peuples et aux nations» en 33 langues.
Un peu plus de huit mois après être apparu au soir de son élection à la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre, Benoît XVI est de nouveau apparu trente minutes au célèbre balcon pour prononcer son message de Noël et donner sa bénédiction Urbi et Orbi (à la ville et au monde). Des voeux prononcés en 33 langues, soit 29 de moins que Jean Paul II l’année précédente. Le message du pape et sa traditionnelle bénédiction Urbi et Orbi ont été retransmis en direct dans près d’une quarantaine de pays par 55 chaînes de télévision.
Dans son message en italien le pape a évoqué la naissance du «sauveur» et souhaité «que l’humanité d’aujourd’hui n’hésites pas à le faire entrer dans ses maisons, dans ses villes, dans ses nations et en tout point de la terre». «Il est vrai, a-t-il noté, qu’au cours du millénaire qui s’est achevé il y a peu, et spécialement pendant les derniers siècles, les progrès accomplis dans le domaine technique et scientifique ont été nombreux; les ressources matérielles dont nous pouvons disposer aujourd’hui sont importantes». Puis Benoît XVI a averti que «l’homme de l’ère technologique risque cependant d’être victime des succès mêmes de son intelligence et des résultats de ses capacités d’action s’il se laisse prendre par une atrophie spirituelle, par un vide du coeur». «Eveille-toi, homme du troisième millénaire !», a lancé avec force le pape.
Invitation à «l’homme moderne»
«L’époque moderne est souvent présentée comme une période de réveil du sommeil de la raison, comme la venue de l’humanité à la lumière, émergeant ainsi d’une période obscure», a souligné le souverain pontife, avant de prévenir que, «néanmoins, sans le Christ, la lumière de la raison ne suffit pas à éclairer l’homme et le monde». Le pape a invité l’»homme moderne» à se laisser «prendre par la main par l’enfant de Bethléem», à avoir «confiance». Ainsi, selon Benoît XVI, «l’humanité unie pourra affronter les problèmes nombreux et préoccupants du moment présent : de la menace terroriste aux conditions d’humiliante pauvreté dans laquelle vivent des millions d’êtres humains, de la prolifération des armes aux pandémies et à la dégradation de l’environnement qui menace l’avenir de la planète».
Puis, le pape a évoqué les nombreux conflits de la planète, affirmant que Dieu soutient «ceux qui, en Afrique, agissent en faveur de la paix et du développement intégral, s’opposant aux luttes fratricides, pour que se consolident les transitions politiques actuelles encore fragiles». Benoît XVI a particulièrement souligné l’importance de sauvegarder «les droits les plus élémentaires de ceux qui se trouvent dans de tragiques situations humanitaires, comme au Darfour et dans d’autres régions de l’Afrique centrale».
Le pape a souhaité que Dieu «incite les peuples latino-américains à vivre dans la paix et la concorde», «qu’il donne courage aux hommes de bonne volonté qui agissent en Terre Sainte, en Irak, au Liban, où les signes d’espérance qui, s’ils ne manquent pas, attendent d’être confirmés par des comportements inspirés par la loyauté et la sagesse». Benoît XVI a encore souhaité que Dieu favorise «les processus de dialogue dans la péninsule coréenne et dans d’autres pays d’Asie, pour que, les dangereuses divergences étant surmontées, on parvienne, dans un esprit amical, à des solutions de paix cohérentes».
Au terme de son message, Benoît XVI a adressé ses voeux ’aux peuples et aux nations’ en 33 langues dont l’arabe, le swahili, le chinois, le turc, le russe, l’hébreu, le coréen et le philippin. En italien, le pape a rappelé «l’héritage chrétien qui a fécondé la tradition, l’art, l’histoire et la culture italienne toute entière». «Heureuse et sainte fête de Noël ! Que le Christ sauveur vous garde dans l’espérance et qu’il vous fasse le don de la paix profonde ! Bon Noël !», a ensuite souhaité Benoît XVI en français.
Apparu à midi à la loggia, Benoît XVI a été accueilli, malgré la pluie qui tombait place Saint-Pierre, par les cris de quelque 40’000 fidèles et les premières notes des hymnes du Vatican et d’Italie. Une tapisserie frappée aux armes du pape avait été accrochée sous la loggia et un trône avait été installé sur le célèbre balcon, permettant au pape de s’asseoir durant la lecture de son message.
Le pape, assisté de deux cérémoniaires, était vêtu d’une chape et d’une mitre dorées. Deux cardinaux étaient assis à ses côtés : le cardinal suisse Georges Cottier, ancien théologien de la Maison pontificale, et le cardinal colombien Dario Castrillon Hoyos, préfet de la Congrégation pour le clergé. C’est ce denier qui a lu les instructions concernant l’indulgence plénière accordée par le pape lors de sa bénédiction Urbi et Orbi.
Le 24 décembre, à minuit, Benoît XVI avait célébré la première messe de la nuit de Noël de son pontificat dans la basilique Saint-Pierre. Dans son homélie, le pape avait prié pour que la paix advienne en Terre Sainte, la «patrie» du Christ. Le 25 décembre au matin, c’est le cardinal Francesco Marchisano, archiprêtre de la Basilique vaticane, qui avait célébré la messe de Noël dans la basilique Saint-Pierre.
Le 26 décembre à midi, fête de saint Etienne, le pape devrait apparaître à la fenêtre de son bureau, au troisième étage du Palais apostolique, pour réciter la prière de l’Angélus. (apic/imedia/ami/pr)
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