La guérilla table sur un nouveau gouvernement pour dialoguer
Bogota, 2 janvier 2006 (Apic) Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont rejeté la proposition formulée par l’exécutif pour l’échange humanitaire d’otages, affirmant qu’elles insisteront « dans la recherche d’une solution à la crise avec un nouveau gouvernement ».
La guérilla des Farc table ainsi sur un nouveau gouvernement pour négocier. Et surtout sur une défaite de l’actuel président Uribe. L’un des derniers alliés fidèles et sans condition de Washington en Amérique latine.
Dans une lettre signée par Raúl Reyes, membre du secrétariat du premier groupe guérillero colombien, les Farc ont critiqué « les ingérences américaines dans les questions internes du pays », citant le « Plan Colombie » et le ’Plan Patriote », les deux massives opérations armées destinées à lutter contre le narcotrafic et les rebelles dans leurs fiefs historiques du sud.
L’administration Bush est exhortée « à suspendre le financement et l’accompagnement de ces plans criminels ». Une commission internationale – composée de la France, la Suisse et l’Espagne – avait formulé mi-décembre l’hypothèse de démilitariser environ 180 kilomètres carrés dans une zone rurale de la ville de Pradera pour y accueillir des colloques entre les parties en présence: le gouvernement a accepté la proposition mais les Farc ont de nouveau demandé une zone neutre plus vaste – environ 800 kilomètres carrés – jusqu’ici rejetée par les autorités.
Dans une interview accordée à ’Radio Caracol’, le cardinal colombien Dario Castrillón, préfet de la Congrégation pour le clergé, a déclaré qu’une mobilisation nationale est nécessaire pour résoudre la question des otages: « La lutte armée produit seulement de la douleur tandis que l’histoire offre aux Colombiens et aux Farc un meilleur chemin pour la réconciliation », a dit le prélat. (apic/misna/pr)
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