Les responsables religieux sont moins méfiants

Sri Lanka: Un an après le tsunami, le travail d’entraide a rapproché chrétiens et bouddhistes

Galle, 3 janvier 2006 (Apic) Un an après le tsunami dévastateur qui a frappé le Sri Lanka et dévasté l’Asie du Sud et du Sud-Est, les Eglises du Sri Lanka estiment que le travail d’entraide a amélioré les relations avec la majorité bouddhiste du pays.

«Le tsunami nous a donné une occasion de travailler étroitement avec la population bouddhiste et de gagner sa confiance», a expliqué Lesley Weerasinghe, pasteur méthodiste de la ville portuaire de Galle, dans le Sud du Sri Lanka, où plus de 4’000 personnes ont été tuées par le raz-de-marée. Au début, a-t-il rappelé, des bouddhistes ont manifesté lorsqu’il a essayé de construire des maisons pour les victimes bouddhistes du tsunami sur un terrain acheté par l’Eglise dans le village de Pujadigama.

«Ils pensaient que nous allions construire une église dans leur village. Mais lorsqu’ils ont réalisé que nous construisions des maisons pour des bouddhistes, ils ont commencé à nous soutenir», a ajouté le pasteur méthodiste. Les bouddhistes ont été les plus grands bénéficiaires du travail d’entraide des méthodistes qui ont reconstruit des maisons, et fourni entre autres des bateaux et une assistance financière permettant de rouvrir les commerces et entreprises détruits dans la région.

La peur de la conversion

«Avant le tsunami, de nombreux bouddhistes pensaient que les chrétiens essayaient de convertir des bouddhistes en dispensant un service social».

«Mais notre travail d’entraide a commencé à écarter ces craintes», a expliqué le pasteur. Les bouddhistes représentent environ 70% des 20 millions d’habitants du Sri Lanka, alors que les chrétiens sont juste un peu plus de 6%. Le tsunami du 26 décembre 2004 a provoqué la mort de 35’000 personnes et le déplacement d’à peu près un million de Sri-Lankais.

Le pasteur Kingsley Perera, président du Conseil chrétien national et du Conseil baptiste du Sri Lanka, a expliqué à l’agence de presse oecuménique ENI que les efforts d’entraide ont «certainement débouché sur une harmonie et une entente meilleures» avec les bouddhistes. Lorsque des bouddhistes locaux se sont opposés à la construction de maisons pour les victimes du tsunami par l’Eglise baptiste dans le village de Paraliya, à 70 kilomètres au sud de la capitale Colombo, des collaborateurs de l’Eglise ont rencontré le principal moine bouddhiste de la région, a précisé le pasteur Perera. «Le moine est allé de maison en maison pour expliquer notre travail et il a obtenu leur consentement», a-t-il ajouté.

Pour Hedigalle Wimalasara, un responsable du Jathika Hela Urumaya, un parti politique formé par des moines bouddhistes, «le tsunami a rapproché les gens et les responsables religieux». Il a précisé que lorsque le tsunami a frappé, en 2004, plus de 1’500 familles – entre autres des chrétiens et des musulmans – se sont réfugiés dans son monastère à 65 kilomètres au sud de Colombo. «Nous nous rapprochons toujours plus chaque jour», a-t-il conclu. (apic/eni/be)

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